Des maux sans bleus
Des mots qui tuent
Association AJC
Éditions J. Lyon (via Guy Trédaniel)
Le texte de la 4e de couverture se trouve ici.
Lien facebook vers l'association AJC ici. Leur objet :
L'association ajc lutte contre la violence morale intrafamiliale. Elle assure accueil et accompagnement des victimes de cette forme de violence familiale insidieuse, invisible et d'autant plus dangereuse.L'association milite aussi !Interview de la présidente de l'association ici ou dans la vidéo ci-dessous :
Comme je n'ai pas trouvé d'avis d'internautes, et que je n'ai pas encore eu le temps de lire entièrement cet ouvrage, je recopie dans un premier temps la préface qui m'apparait tout à fait concise, scientifique, pas du tout moralisatrice ni paternaliste comme certains autres textes sur le sujet :
Invisible et puissante, la violence morale parfume la vie quotidienne des familles qui en souffrent. Toute maltraitance prend racine dans un contexte de violence psychologique, laquelle favorise des passages à l'acte plus spectaculaires et donc repérables pour l'extérieur.
Les malveillances « visibles » n'apparaissent pas un jour dans des familles bien traitantes ; elles prennent forme dans des contextes préalables de dénigrements, de dévalorisations, d'isolement affectif, d'inversions des responsabilités et d'abus de pouvoir.
Ainsi, la violence morale est la colonne vertébrale des autres formes de violences intrafamiliales.
C'est souvent cette forme de violence qui reste imprégnée dans la mémoire des victimes. Nombreuses sont celles qui confient que ce qui faisait le plus mal n'était pas les coups, mais plutôt les insultes, les dévalorisations et les dénigrements qui les accompagnaient.
La violence morale érode la confiance en soi. Elle attaque les ressources d'amour propre. De cette façon, elle fragilise encore ces victimes à subir de nouvelles violences.
Car quand on a été amené à croire qu'on ne vaut pas mieux, on accepte la violence comme normale.
Quand on est convaincu qu'on ne mérite pas plus, on arrive à croire qu'on a provoqué l'autre à nous maltraiter.
Quand on est démoli et fragilisé, on donne une image de soi négative qui amplifie les violences de nouveau : plus le sujet est fragile, plus facile il devient de le sadiser... Nous nous souvenons tous de ce principe bien appris dans la cour de l'école.
Mais à la différence de la cour de récréation où les enfants peuvent faire appel à un tiers pour les protéger, la violence morale intrafamiliale crée un fossé autour de ses victimes.
Isolées par les violences, souffrant de la honte, convaincues par l'auteur des violences qu'elles sont en faute, appeler un tiers pour venir en aide devient impensable chez la victime. La société scelle cette dynamique en pointant la victime du doigt : elle aurait participé à la construction de ces violences, elle serait une provocatrice passive, elle a une faille narcissique qui s'exprime de façon masochiste... Autant de constructions théoriques qui oublient l'aspect central de la violence psychologique : le double lien.
Le double lien, concept développé par Bateson dans ses observations de familles dysfonctionnelles il y a 50 ans, offre un outil d'analyse des dynamiques opaques qui caractérisent les rapports maltraitants. Une relation devient paradoxale quand les communications concernant des aspects relationnels primordiaux sont simultanément contradictoires.
La violence psychologique est un phénomène paradoxal car la personne censée être un pôle de sécurité et de stabilité affective pour l'autre se trouve être la même personne qui lui infuse un sentiment de mal-être et de souffrance. Ce lien relationnel, qui peut être défini comme un attachement pathologique, laisse la victime assoiffée d'affection. Ainsi, la violence morale emprisonne les victimes dans une dépendance psychique sur la même personne qui les a affamées d'un point de vue affectif. Cette emprise ne peut être rompue qu'en puisant des ressources ailleurs, dans des relations qui sont « bien traitantes ».
Et voilà pourquoi le travail des professionnels et des associations ainsi que l'attitude de la société dont ils sont les représentants devient si important : sans le soutien d'autrui, sans validation que ce qui est vécu est une manifestation de la violence, sans un début de réparation de l'estime de soi, rompre l'emprise qui caractérise la violence morale devient une tâche immense, tâche très lourde sur les épaules de quelqu'un déjà affaibli par la violence à l'intérieur d'une cellule familiale défaillante dans sa fonction de bienveillance et de protection.
Le positionnement éclairé et valorisant des personnes capables de porter leur soutien se révèle vital pour rompre le cycle de la violence.
Karen Sadlier
Docteur en psychologie clinique et psychopathologie

Parmi les foultitudes de commentaires qui volent aux quatre horizons à propos des projets de Madame Taubira, cette crainte me semble justifiée. Que pour les alternatives à des incarcérations, la Justice ne fasse pas assez appel à l'Associatif quand il est compétent et motivé. L'Association que vous nous présentez sur cette page en présente un exemple convainquant...
RépondreSupprimerEn effet, ayant bien avancé dans ma lecture de cet ouvrage depuis la rédaction de ce post, je considère que les maisons de cette association, dédiées à l'accueil, l'écoute et le conseil (dans le département 78 et quelques autres villes de France) sont tout à fait performantes, utiles et nécessaires. Apparemment elles fonctionnent beaucoup sur le bénévolat et le dévouement. (D'où une certaine fragilité au moment de la création.)
SupprimerPersonnellement, j'ai créé deux associations dans les années 90 et toujours joliment actives. L'une dans le carcéral mais indépendante du ministère de la Justice et plus encore de l'administration pénitentiaire. L'autre dans l'accueil et les soins aux toxicodépendants ainsi qu'à leurs proches. Il m'a semblé essentiel que les personnels : travailleurs de rue, assistants sociaux, psy, médecins, sociologues soient engagés sur base de contrats à durée indéterminée. Par volonté de professionnalisme, par respect d'une justice sociale. Donc sur base de subsides recherchés auprès de la Santé publique et des Aides sociales, avec un contrôle annuel de la Cour des comptes.
SupprimerC'est probablement la meilleure recette pour gagner en durée, indépendance et proximité avec les personnes en demande d'aide. Mais j'imagine que, pour le fondateur ou président de l'association, cette mission doit être d'envergure ! Et avec une incontournable question : comment pérenniser la structure sans faire (trop) payer les "consultations" (ce dilemme est aussi abordé dans l'ouvrage ci-dessus) ?
Supprimervous imaginez bien qu'en carcéral, pour les personnes vivant avec des condamnés, leurs enfants etc
RépondreSupprimerle travail social et psy est gratuit
idem pour les consultations et suivis à l'extérieur
(ce qui ne fut pas évident à faire admettre aux psys)
en toxicodépendances idem, sauf pour le médical, où est appliqué le système belge (prise en charge maximum par les mutuelles)
l'Association tient pas ses subsides (annuels en fonction des rapports d'activités et des contrôles)
la fonction de président est seule bénévole (tournée vers les démarches auprès des cabinets ministériels, vers les réunions de personnel et vers les engagements à l'essai 6 mois avant contrat à durée indéterminée)
La mission est d'autant plus remarquable, puisqu'à la différence d'une société qui facture ses prestations, il existe un troisième type d'interlocuteurs à démarcher (les institutionnels, les privés ou autres qui voudront bien financer et/ou participer).
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