"Quand j'étais enfant, le luxe, c'était pour moi les manteaux de fourrure, les robes longues et les villas au bord de mer. Plus tard, j'ai cru que c'était mener une vie d'intellectuel. Il me semble maintenant que c'est aussi de pouvoir vivre une passion pour un homme ou une femme." Annie Ernaux (in Passion Simple)

mercredi 31 octobre 2012

Le théâtre Antoine
Paris 10e


Historique du lieu (introduction extraite du programme) :

En 1866, un nouveau théâtre, Les Menus-Plaisirs, ouvrit ses portes sur le Boulevard de Strasbourg à l'emplacement d'un ancien café-concert.
Il change plusieurs fois de nom et devint successivement le Théâtre des Arts, puis en 1876 il s'appela l'Opéra-Bouffe, pour redevenir l'année suivante les Menus-Plaisirs et le Théâtre des Arts. Son nouveau directeur le fit démolir et fit construire une nouvelle salle. En 1881, inauguration de la Comédie Parisienne qui en 1882 reprendra son nom original de Théâtre des Menus-Plaisirs.
Ce théâtre, qui ne peut fixer son nom ni son genre, va devenir quelques années plus tard le point de départ d'une véritable "insurrection" artistique.
Un jeune audacieux, employé de la compagnie du Gaz, qui s'essaie depuis plusieurs mois au rude métier de metteur en scène et ne possède pour seule richesse qu'une foi inébranlable dans le résultat de ses efforts non conformistes, s'installe le 20 octobre 1888 au Théâtre des Menus-Plaisirs auquel il donne le nom de Théâtre-Libre.
Ce jeune audacieux est André Antoine.


Samedi sous la pluie...


Il a 29 ans en 1887 et il trouve que le théâtre est dans une période très statique, sans aucune évolution.
Antoine donne au Théâtre-Libre pour vocation d'être un vrai théâtre littéraire public, un laboratoire d'essai ouvert à tous les publics où les jeunes auteurs dramatiques et littéraires auront la possibilité d'être représentés (...)


Pour une très belle animation à 360° prise depuis le balcon du 1er étage, cliquer ici.

Le bar, au 1er étage, et ses vitraux, côté façade principale.

mardi 30 octobre 2012

Photo empruntée ici.
QR Code
Publicité


Cette semaine on distribuait un prospectus dans la rue, porteur d'une question intrigante, mais pas trop. J'ai bien aimé ce teasing : l'attente avant de visualiser ce qu'on veut nous proposer/vendre. En effet, pas question de sortir le smartphone en pleine rue pour flasher une pub !
Du coup j'en profite pour vous faire partager la signification de cette expression QR code.

lundi 29 octobre 2012

Théâtre Antoine (ici)
"Les derniers jours de Stefan Zweig"
Théâtre Antoine
Paris 10e


Introduction du programme :

La pièce nous transporte dans le tourbillon de deux vies, l'ultime voyage de Zweig et de son épouse, Lotte.
Fuyant le nazisme, l'écrivain et sa femme, éprise d'absolu, croient trouver à Pétropolis, au Brésil, des rivages paradisiaques.
Entre la nostalgie des fastes de Vienne et la folie du carnaval de Rio, la pièce est un spectacle bouleversant ; une aventure unique.
L'histoire du dernier amour de Stefan Zweig.


Laurent Seksik, auteur, adaptateur :

Lorsque Gérard Gelas m'a demandé d'adapter mon roman pour le théâtre, j'ai longuement hésité. Après plusieurs semaines de réflexion et de travail, j'ai comme entendu les deux protagonistes se répondre l'un à l'autre. Je les ai littéralement vus se déplacer sur scène comme dans leur maison de Pétropolis où je les avais suivis, et comme accompagnés, durant tant de mois d'écriture. Enfin, je pouvais donner la parole à Stefan Zweig, muet dans le roman. Le vagabond de l'absolu et sa jeune femme, éperdument éprise prenaient vie, incarnés, sous une autre forme. Peu à peu, cette histoire si singulière et qui me bouleversait --- le dernier amour d'un homme, le premier amour d'une femme --- devenait une tragédie sur scène. Passion ultime à l'aube d'un nouveau temps. Le couple de légende m'entraînait à nouveau, au bout du monde, dans la magnificence des environs de Rio, jusqu'au coup de théâtre final. (...)


Mon avis personnel : terriblement émouvant !

Est-il nécessaire d'écrire ici que que je ne partage absolument pas les thèmes développés par le critique du Figaro (ici) ? En revanche, j'approuve à l'article posté sur AgoraVox (ici) :
C’est, sous la vigilance bienveillante de Gérard Gélas, qu’Elsa Zylberstein et Patrick Timsit habitent ces deux rôles romantiques à souhait, en incarnant l’impossibilité psychique du bonheur individuel lorsque celui-ci est confronté au concept de désolation universelle.

quoique la dernière phrase de la critique me semble un peu ironique... L'article de Direct Matin me convient également (cf. ci-dessous).

Les deux acteurs principaux sont tout à fait crédibles dans leurs rôles extrêmement sensibles et touchants. Évidemment, même sans avoir lu le roman éponyme, on connaît la fin de l'histoire ; pour ma part, j'ignorais les très émouvantes hésitations de Lotte. Le public ne perdait pas une miette des échanges, applaudissait de temps en temps entre deux scénettes (probablement pour essayer en vain de faire baisser la tension et l'émotion palpables dans la salle). Sauf deux fois, pour deux dialogues encore plus émouvants (dont un joué par l'ami de Zweig, Ernest Feder).


Direct Matin, jeudi 25 octobre 2012

dimanche 28 octobre 2012

Empruntée ici.
Changement d'heure



Selon le site du Ministère du développement durable et de l'énergie (ici) :

Institué en France en 1975 suite au choc pétrolier de 1973-74, le changement d’heure a pour objectif d’effectuer des économies d’énergie en réduisant les besoins d’éclairage. Il s’agit principalement de faire correspondre au mieux les heures d’activités avec les heures d’ensoleillement pour limiter l’utilisation de l’éclairage artificiel.

Appliqué au Royaume-Uni et en Irlande depuis la première guerre mondiale et en Italie depuis 1966, le régime de l’heure d’été a été introduit dans l’ensemble des pays de l’Union européenne au début des années 1980. Pour faciliter les transports, les communications et les échanges au sein de l’Union européenne, il a été décidé d’harmoniser par directive du Parlement européen et du Conseil, les dates de changement d’heure. Ainsi, depuis 1998, pour l’ensemble des pays de l’Union européenne, le passage à l’heure d’été intervient le dernier dimanche de mars à 2 heures du matin et le passage à l’heure d’hiver intervient le dernier dimanche d’octobre à 3 heures du matin.


En chiffres :
 
Le changement d’heure a permis d’économiser en 440 GWh en éclairage 2009, soit la consommation d’environ 800.000 ménages. Grâce à ces économies, la France a ainsi évité l’émission de 44.000 tonnes de CO2. En 2030 la réduction globale des émissions due au changement d’heure pourrait être de 70 000 à 100 000 tonnes de CO2.


Direct Matin n°1170 du vendredi 26 octobre 2012



samedi 27 octobre 2012

"Le désir d'amour"
Dieter Wellershoff
Éditions de Fallois


Autre extrait (pas du tout représentatif de l'histoire, mais que j'aime bien quand même)


pp. 236--237 Comme, par exemple, l'impressionnante partie occidentale des ruines du château de Greifenstein. Les deux hautes tours rondes en lourds moellons, très proches l'une de l'autre, constituaient les deux piliers d'angle de la partie du mur intérieur où se trouvait la porte principale. Elles étaient en outre reliées, au-dessus du mur, par un chemin de ronde en forme de pont, ce qui renforçait encore l'impression d'unité qu'elles donnaient. Les tours étaient de force et de taille égales, la seule différence était que  l'une avait un toit pointu et l'autre un toit rond un peu aplati. C'était surtout cela qui en faisait un couple à ses yeux. Elles représentaient  l'homme et la femme, et ce, sous la forme d'une union égalitaire, étroite et inattaquable entre deux partenaires de valeur égale. C'était sa conception secrète du couple idéal.

(...) Cette vue la réjouissait chaque matin, quand elle allait mettre le couvert du petit déjeuner sur la terrasse. (...) Car elle aussi ne considérait ce qui s'offrait à eux  sous un éclairage chaque jour un peu différent que comme un décor pittoresque. Elle se sentait en harmonie avec sa vie et son mariage, et n'avait pas besoin de se dire, qu'ici, à la vue des deux tours du château fort, elle se trouvait dans la zone de sécurité d'un puissant symbole. L'exprimer ainsi eût d'ailleurs été ridicule, mais cette idée s'intégrait au flou de son rêve diurne où tout avait sa place :  les étreintes nocturnes avec son mari, la lumière claire du matin et les premières heures de la chaleur, les rangées de collines échelonnées comme des crêtes de vagues, l'odeur du café, la première gorgée, enfin l'image des deux tours, promesse de durée et d'inaltérable stabilité. Tout cela composait l'image de son bonheur.

vendredi 26 octobre 2012


Vanille (ici)
Publicité pour un cosmétique


J'ai reçu l'image ci-dessous par e-mail et ai tout de suite été attirée par la photo : je la trouve très réussie, elle met tellement en valeur le produit, qu'à mon goût, il ressemble plus à un onctueux entremet à la vanille qu'une crème de soin. Belle mise en beauté, jusqu'à son conditionnement bleu turquoise, l'environnement en soie bleu nuit et le scintillement sur le bord de pot (peut-être pas forcément nécessaire). Bref. Après un rapide sondage autour de moi, j'affirme que nous avons plus eu envie de porter cette crème à la bouche que de s'en enduire la peau. Confirmerez-vous ?


jeudi 25 octobre 2012

Paris, la ville qui rend désagréable et pressé (ici).
"Paris c'est fini"
Jean-Yves Katelan
Flammarion


p. 17--18 Les gens qui quittent Paris, en général, savent ce qui les attend.
Au moins, savent ce qu'ils vont faire.
Au moins, savent où ils vont.
Pas nous. On ne sait à peu près rien, sauf qu'on veut s'en aller. Longtemps qu'on y songe. Comme tous les Parisiens --- sauf ceux qui ont quitté la campagne. "Bobos" comme ils disent. Purs et mous. C'est le début de janvier, la saison des tables rases. Et l'occasion n'a jamais été aussi belle. Ces dernières semaines, nous avons coupé tous les ponts. Adieu boulot de rêve qui n'en était plus un quinze ans après de bons et loyaux services, touché indemn', vendu deux pièces du XIVe, raclé fonds de tiroirs, jeté le reste, dit bonjour aux Assedic, au revoir aux quelques bons amis qui nous restaient depuis la naissance de nos deux petits et donné congé de notre appartement perméable, en face de la Santé. Marche arrière interdite. On a un an. Peut-être deux. Ça sent le sabbat, la belle vie. La maison au bord de l'eau, les pieds dedans au petit déjeuner, un sourire sur toutes les lèvres dans un soleil radieux, les enfants qui jouent, les cigales qui grillonnent, les amis qui débarquent... Il est si facile de faire baver des citoyens de souche. Et qu'est-ce qu'on a à perdre dans le fond, la grisaille mal lunée de la vie de la ville ? Dans le fond, on n'en sait rien. Aviva, la femme dont je suis homme, a quitté Philadelphie pour New York et New York pour Paris il y a dix ans. Moi, je n'ai jamais rien quitté ; ni Philadelphie, ni New York, ni Paris.

mercredi 24 octobre 2012

Illustration : Dominique Boll
"Au boulot"
par Didier Arnaud
Libération
Lundi 22 octobre



Lire cet article hier soir m'a fait penser à un roman que j'avais acheté, à sa parution en 2003, intitulé "Paris c'est fini" de Jean-Yves Katelan. Je n'ai pas trouvé d'avis d'amateurs de ce récit sur le web. Je me souviens cependant que certains passages et arguments avancés m'avaient bien amusée.

J'en conclus donc que depuis cette époque, peu de choses ont changé et que le sujet des Parisiens rêvant de quitter la capitale n'est en fait qu'un marronnier.

4e de couverture

"De Paris, nous choisissons l'exil. L'exil au petit pied, à la petite semaine, à la petite voiture. Parce qu'ailleurs, l'herbe est toujours plus vaste. Et qu'on survit à ce qu'on peut.
On aurait pu choisir d'aller pique-niquer à Rambouillet, on aurait sans doute mieux fait. "Si j'avais su..." La phrase qu'on dit après les crimes.
La loi ne dit pas tout. Il y a plein de choses qui ne sont pas illégales sous prétexte qu'elles sont impossibles. Par exemple, il n'est pas illégal de vivre hors du monde. Mais c'est interdit."

Sous-titré "On the Route", Paris c'est fini raconte comment un trentenaire absolument "bobo" décide de quitter la capitale afin de prendre une année sabbatique avec sa femme et ses deux enfants. L'utopie écolo de l'exode urbain tourne rapidement au désastre.




mardi 23 octobre 2012

(D.R.)
Petite pause... Il paraît qu'à Rome un serveur s'est spécialisé dans la réalisation de petits cœurs sur le café...

lundi 22 octobre 2012

Dossiers de presse


Depuis que je fréquente assidument les blogs et les sites Internet pour m'aider à rédiger mes modestes posts, je vois de plus en plus de dossiers de presse sous forme de PDF téléchargeable. Et ce, dans tous les domaines : de la publicité institutionnelle émanant d'une grosse société (ici), aux expositions (un exemple, ici), en passant par les pièces de théâtre.


Alors, évidemment, je suis ravie de feuilleter virtuellement ces mines d'information, d'en extraire quelques illustrations à reproduire sur mes pages, mais il m'arrive aussi  d'être déçue par la manifestation promue dans ce catalogue virtuel une fois que je me rends sur place. La plupart du temps, je leur en suis reconnaissante quand je ne peux visiter l'exposition en vrai (je suis un peu agoraphobe et surtout ce n'est pas mon métier). Mais les journalistes ? Pourquoi auraient-ils besoin d'un guide pour exercer leur métier ? D'un support qui leur imposerait la façon de percevoir l'expo, de sélectionner à leur place ce qui serait bien dans l'expo, ce qu'il faudrait mettre en valeur pour leurs lecteurs ? Pourquoi ne pas leur faire confiance ? D'un autre côté, j'apprends qu'un journaliste recevrait en moyenne 30 à 40 dossiers de presse par jour (et 80 pour la presse féminine !) En tout état de cause, on nous dit qu'un dossier de presse ne doit pas dépasser 10 pages (ici) !


Il y a bien quelques repères matériels ou objectifs que les journalistes doivent être heureux de trouver dans ces documents, mais pour le reste ? J'avais été surprise de constater qu'un musée donnait aux journalistes des droits de reproduction d’œuvres, mais uniquement pour quelques tableaux de l'exposition (page 19 de ce dossier du musée Maillol, expo Canaletto à Venise, ici). Mais comment choisit-on la part diffusable ? Quel est l'intérêt de formater l'information dont les journalistes vont nous abreuver ? Pourquoi leur mâcher le travail ? En tout cas, pour les lecteurs, cette uniformisation quel que soit le support devient lassante...

dimanche 21 octobre 2012

"Parisien au Moyen-Age"
Direct Matin
Mercredi 17 octobre


Exposition "La demeure médiévale à Paris", située aux Archives Nationales, 60 rue des Francs-Bourgeois, Paris 3e. En savoir plus ici.

Au passage, la visite virtuelle de l'hôtel de Soubise, ainsi que de l'hôtel de Rohan, de la cour d'honneur aux salons, est disponible ici. Ne pas louper "la salle du Trésor".


samedi 20 octobre 2012

"Le parfum"
Patrick Süskind
Livre de poche



Le film (voir ici) vient d'être (re)diffusé à la télé. Évidemment, j'ai été incapable de visionner l'ensemble du film, de supporter l'ensemble des images. Je me souviens pourtant avoir aimé certains passages du livre, situés tout au début de l'histoire.


Extraits pp. 44-47 Il s'apprêtait déjà à tourner le dos à cet ennuyeux spectacle pour rentrer en suivant la galerie du Louvre, lorsque le vent lui apporta quelque chose : quelque chose de minuscule, d'à peine perceptible, une miette infime, un atome d'odeur et même moins encore, plutôt le pressentiment d'un parfum qu'un parfum réel, et pourtant en même temps le pressentiment infaillible de quelque chose qu'il n'avait jamais senti. Il se recula contre le mur, ferma les yeux et dilata ses narines. Le parfum était d'une délicatesse et d'une subtilité tellement exquise qu'il ne pouvait le saisir durablement, sans cesse le parfum se dérobait à sa perception, était recouvert par les vapeurs de poudre des pétards, bloqué par les transpirations de cette masse humaine, mis en miettes et réduit à rien par les mille autres odeurs de la ville. Mais soudain il était de nouveau là, ce n'était qu'une bribe ténue, sensible, durant une brève seconde tout au plus, magnifique avant-goût... qui aussitôt disparaissait à nouveau. Grenouille était à la torture. Pour la première fois, ce n'était pas seulement l'avidité de son caractère qui était blessée, c'était effectivement son cœur qui souffrait. Il avait l'étrange prescience que ce parfum était la clef de l'ordre régissant tous les autres parfums et qu'on ne comprenait rien aux parfums si l'on ne comprenait pas celui-là ; et lui, Grenouille allait gâcher sa vie s'il ne parvenait pas à le posséder. Il fallait qu'il l'ait, non pour le simple plaisir de posséder, mais pour assurer la tranquillité de son cœur.

Il se trouva presque mal à force d'excitation. Il n'arrivait même pas à savoir de quelle direction venait ce parfum. Parfois, il y avait des minutes d'intervalle jusqu'à ce que le vent lui en apportât de nouveau une bribe, et à chaque fois il était pris d'une angoisse atroce à l'idée qu'il l'avait perdu à jamais. Pour finir, il se consola en se persuadant désespérément que le parfum venait de l'autre rive de fleuve, de quelque part vers le sud-est.

(...)

Là il s'arrêta, reprit ses esprits et flaira. Il l'avait. Il le tenait. Comme un ruban, le parfum s'étirait le long de la rue de Seine, net et impossible à confondre, mais toujours aussi délicat et aussi subtil. Grenouille sentit son cœur cogner dans sa poitrine et il sut que ce n'était pas l'effort d'avoir couru, mais l'excitation et le désarroi que lui causait la présence de ce parfum. Il tenta de se rappeler quelque chose de comparable et ne put que récuser toute comparaison. Ce parfum avait de la fraîcheur (...) et il avait en même temps de la chaleur ; mais pas comme de la bergamote, le cyprès ou le musc, pas comme le jasmin ou le narcisse, pas comme le bois de rose et pas comme l'iris... Ce parfum était un mélange des deux, de ce qui passe et de ce qui pèse ; pas un mélange, une unité, et avec ça modeste et faible, et  pourtant robuste et serré, comme un morceau de fine soie chatoyante... et pourtant pas comme de la soie, plutôt comme du lait au miel où fond un biscuit --- ce qui pour le coup n'allait pas du tout ensemble : du lait et de la soie ! Incompréhensible, ce parfum, indescriptible, impossible à classer d'aucune manière, de fait il n'aurait pas dû exister. Et cependant il était là, avec un naturel parfait et splendide. Grenouille le suivait, le cœur cognant d'anxiété, car il soupçonnait que ce n'était pas lui qui suivait le parfum, mais que c'était le parfum qui l'avait fait captif et l'attirait à présent vers lui, irrésistiblement.

(...) Curieusement, le parfum n'était pas beaucoup plus fort. Il était seulement plus pur et de ce fait, du fait de cette pureté toujours plus grande, il exerçait une attirance de plus en plus forte. Grenouille marchait sans volonté propre.

vendredi 19 octobre 2012

Fabrice Luchini, GQ n°33, interview
"Ave Luchini"
Le Figaro
Vendredi 12 octobre 2012


Il est là parce qu'il adore causer, alors je me tais et vous laisse découvrir cet amusant petit billet.

jeudi 18 octobre 2012

"Dormir c'est peindre un peu"
Metro
Vendredi 12 octobre 2012


Pour lire l'article complet, cliquer ici, c'est en page 12. Le sleep art : pendant le sommeil un ordinateur enregistre les mouvements du dormeur et les retranscrit sous forme de dessins sur une toile... Un hôtel parisien teste l'expérience actuellement.


mercredi 17 octobre 2012

Le jour où j'ai mangé mon pot de yaourt
Le Monde
Jeudi 11 octobre 2012


Introduction de l'article :

Imaginer que les achats alimentaires de demain puissent être dénués d'emballages, ou plutôt dotés d'un conditionnement qui se mange, voilà un concept intrigant qu'on se devait de filmer pour mieux l'illustrer. Le journaliste vidéo Olivier Clairouin et moi-même nous sommes rendus pour cela au Laboratoire, "lieu d'art et de design aux frontières de la science", situé non loin de la rue du Louvre, à Paris. Notre objectif ? En savoir plus sur le projet Wikicell, dont l'ambition est de réinventer l'emballage en le rendant comestible. Rien de moins, oui oui.
Suite de l'article ici.....


mardi 16 octobre 2012

First row orchestra
Hopper vu par...
Dimanche 14 octobre
Films diffusés sur Arte


Retrouvez tous ces courts-métrages ici.

Celui que je préfère :

D'après "First Row Orchestra", 1939
Sophie Fiennes est une documentariste britannique. Elle a réalisé un film sur Anselm Kieffer, "Over your cities grass will grow", en 2010. Elle vient de terminer un film sur le philosophe Slavoj Zizek.
Une salle de concert (le Wimbledon Theater). Des spectateurs endimanchés (manière britannique). Une femme au milieu qui, pendant que la musique de Webern impose son tragique, songe à l'amour perdu. Inspiré par le tableau "First Row Orchestra", le film est écrit et interprété par la poétesse anglaise Kate Ghyll.


Mon palmarès personnel :
  1. Hopper vu par... Sophie Fiennes
  2. Hopper vu par... Sophie Barthes
  3. Hopper vu par... Mathieu Almaric 
  4. Hopper vu par... Valérie Mréjen
  5. Hopper vu par... Hannes Stöhr
  6. Hopper vu par... Dominique Blanc
  7. Hopper vu par... Martin de Thurah 
  8. Hopper vu par... Valérie Pirson


lundi 15 octobre 2012

Week-end des 13 et 14 octobre
Fête du timbre 2012
Fête de la science 2012


Tandis que le timbre fête le feu (ici, à Paris), et que la fête de la Science a lieu en même temps (mais ayant déjà pris la pluie plusieurs fois ce week-end --- parce que je ne fais pas encore mes courses avec mon smartphone...), je me suis contentée, en ce samedi, de regarder la télé.
J'ai pu profiter de la première partie de "La magie du cosmos" diffusée par Arte sous la forme de quatre très beaux documentaires  (programme complet et rediffusions ici).
  • Épisode 1 : L'illusion du temps
  • Épisode 2 : Qu'est-ce que l'espace
  • Épisode 3 : Le saut quantique
  • Épisode 4 : Univers ou multivers ?
Samedi soir, j'ai donc appris la fréquence d'oscillation de l'atome de césium (plus de 9 milliards de fois en une seconde) et qu'on pouvait découper le temps en tranches : "des tranches de maintenant". L'écoulement du temps n'est pas identique pour tous, en fonction du déplacement. Et donc, pour résumer, et étayé par des équations d'Einstein, que le présent était un peu virtuel (puisqu'on ne le vit pas tous en même temps !), qu'on pouvait voir le passé et  aller dans le futur.

Je colle la présentation officielle ci-dessous :

épisode 1 : L’ILLUSION DU TEMPS

Auteurs : Joseph Mc Master, Randall Maclowry
Réalisation : Randall MacLowry (52mn)
Si l’homme s’échine à mesurer le temps avec une précision croissante depuis des millénaires et à construire sa vie autour, il serait bien en mal de le définir, tant il demeure encore l’un des plus grands mystères de la physique. Car la perception de son flux continu n’est rien d’autre qu’une illusion. C’est Albert Einstein qui, le premier, fait voler en éclats l’hypothèse d’Isaac Newton d’un temps universel et montre que l’écoulement du temps est relatif. Pourquoi ? « Simplement » parce que le mouvement dans l’espace affecte son écoulement. Einstein révèle ainsi la connexion fondamentale entre espace et temps, induisant au passage que passé, présent et futur existent de la même manière et sans distinction ! Expliquer la passionnante complexité du temps, quand les physiciens confessent une perplexité sur la notion même du temps, relève de la gageure. À force d’images, de comparaisons et d’animations, Brian Greene parvient pourtant à remettre les pendules (de notre ignorance) à l’heure. Car ce voyage dans le temps sape avec habileté nos certitudes quotidiennes. Et si la physique n’y apparaît pas, loin de là, comme un jeu d’enfants, le tout compose un formidable cours d’initiation.

Lien permanent vers l'émission (ici).

dimanche 14 octobre 2012

"Journal intime"
Franz Kafka



Je n'ai trouvé que peu d'avis sur ce document pourtant très riche et qui nous offre de nombreuses clés permettant de mieux comprendre l'auteur. Sans aucune complaisance et très critique sur lui-même. Juste, une présentation synthétique de cet ouvrage (ici) et une brève analyse (ici).


Extrait de la préface de Pierre Klossowki, août 1945

Franz Kafka ne nous a laissé que des fragments ; ses romans le sont au même titre que ses aphorismes et ses journaux intimes. Mais ce qui frappe de prime abord, c'est que l'inachèvement n'exclut pas une subtilité et une minutie du détail peu communes. Rien de plus poignant que cette intensité sans cesse interrompue par l'insatisfaction, sans cesse reprise par l'espérance, voire la certitude d'une totalité à conquérir.


Extrait du journal p. 55

1910.  Enfin, après cinq mois de ma vie pendant lesquels je ne pouvais rien écrire qui pût me satisfaire, cinq mois qu'aucune puissance ne saurait jamais me restituer bien que tous y soient moralement obligés, j'ai l'idée de m'adresser à nouveau la parole. Je trouvais toujours à répondre quand je m'étais interrogé, il restait toujours à extraire quelque chose de moi, de ce tas de paille que je suis depuis cinq mois et dont il semble que le destin soit d'être allumé en été et d'être consumé plus vite que le spectateur ne cligne des yeux. Si seulement cela pouvait m'arriver ! et que cela pût m'arriver des dizaines de fois car je ne regrette pas même cette époque malheureuse. Mon état n'est pas malheur, mais non plus bonheur, il n'est pas indifférence, il n'est pas faiblesse, ni lassitude, ni rien d'autre, mais alors qu'est-il donc ? De ne le point savoir, c'est ce qui tient sans doute à mon incapacité d'écrire. Et cette dernière, je crois la comprendre, sans en connaître l'origine.

samedi 13 octobre 2012

"Le désir d'amour"
Dieter Wellershoff
Éditions de Fallois


Photo de couverture : Johannes Hüppi, sans titre, 1998

Note de l'éditeur

L'amour survit-il au mariage ? Le mariage résiste-t-il à l'amour ? La passion est-elle condamnée à l'échec ?

Sur ce thème éternel --- celui du couple --- Dieter Wellershoff a écrit un roman d'un grand classicisme et d'une totale originalité.
Les quatre personnages de cette histoire sont comme quatre pions sur le terrain, qui bougent selon une logique implacable. Dans l'art du roman, l'auteur fait preuve d'une maîtrise parfaite. Aucun mot qui soit superflu ou qui manque. Et la composition de cette œuvre intimiste est si rigoureuse que beaucoup de détails ne prennent leur sens qu'à la fin, lorsque l'on connaît toute cette tragique histoire.

"Un chef d’œuvre... J'ai rarement vu, dans notre littérature contemporaine, une aussi bonne représentation de l'amour..."
Marcel Reich-Ranicki, Literarischen Quartett

 "Wellershoff nous apporte la preuve que le roman n'est pas mort, qu'il peut encore peindre les passions et toucher la sensibilité."
 Volker Hage, Der Speigel

Extrait 

p. 32 J'acceptais tout cela, peut-être parce que mon travail était un échec et qu'il m'en distrayait en ne me parlant que de ce qui l'intéressait. J'étais depuis longtemps dans une impasse. Mais auprès de lui, je ne me sentais pas coupable de ne rien faire, ni de n'avoir rien à dire. Je remarquai que je me défaisais de mon ambition comme d'un vieux fardeau superflu.
Il paraissait décidé à me soulager de tout, car c'était sa façon à lui de se rapprocher de moi : non pas directement, mais par le détour des choses quotidiennes. Lorsqu'il venait, il avait toujours fait les courses. Et il lui arrivait de me chasser de la cuisine, parce qu'il voulait me faire la surprise d'un plat de célibataire. Tous ses gestes m'invitaient à lui faire confiance et à me laisser dorloter par lui. Je n'étais pas toujours sûre d'aimer ça. Je ne le connaissais pas vraiment, mais je m'habituais à lui. Sans me sentir mauvaise conscience, je passais des heures à me détendre sur la terrasse, allongée sur une chaise longue. Je me disais que j'avais besoin de ce répit. Et plus je me complaisais à cet état, plus je me mettais à penser qu'avais surgi à mes côtés un homme qui m'ouvrait la porte de la vie.

Johannes Hüppi (ici).

vendredi 12 octobre 2012

"Innovation
Un magasin virtuel entre en gare"
20 minutes
Mardi 9 octobre 2012


Article original ici.

"A partir de mercredi, et jusqu'au 31 octobre, les voyageurs de passage à la gare du Nord vont pouvoir profiter de leur temps d'attente pour faire leurs courses. Après la gare de la Part Dieu à Lyon, Carrefour teste à Paris son magasin virtuel. Le principe : un grand cube lumineux sur lequel plus de 300 produits sont référencés. Le client n'a qu'à scanner le code-barres grâce à son smartphone (iPhone, appareil sous Android) pour remplir son chariot virtuel, dont le contenu est ensuite livré à domicile ou à récupérer dans un point « drive » de l'enseigne. Comme dans un supermarché, tous les types de produits sont référencés et les prix sont les mêmes qu'en magasin. Une expérience similaire est en cours au Casino des Belles-Feuilles (16e), où il est possible de faire ses courses avec son portable en scannant les produits."

J'ai trouvé cette idée amusante. Elle n'est guère différente de celle qui consiste à faire ses courses sur Internet, le côté ludique en plus, peut-être. Qu'en pensez-vous ? Shopping or not shopping?

-- De toute manière, moi je n'aime pas faire les courses !
-- Je ferais tout pour éviter les files d'attente
-- Je boycotte les grandes surfaces
-- Je m'y rends le moins possible
-- C'est aussi cher que les magasins de proximité, alors...
-- Je préfère acheter les produits frais sur le marché
--  Je n'aime pas l'ambiance des grandes surfaces
-- Je refuse que ma liste de courses se balade sur Internet
-- Ils vont se servir des données collectées via les listes de courses,
-- C'est une chouette invention, mais je n'en ai pas l'utilité
-- ...

jeudi 11 octobre 2012

Trouvée ici.
"Le prochain amour"
Yves Simon



Deuxième série d'extraits...

p. 105 Tu dors ma belle amante... Je tire doucement le drap et je regarde ton corps. Tu respires profondément, tu sais que rien ne peut t'arriver. Nue. Ta bouche est entrouverte, tes jambes légèrement écartées. Je te détaille lentement, puisque ni ton regard, ni une impatience de ta part ne peuvent me déranger. Il n'y a que des questions dans ce long travelling qui va de tes pieds à tes cheveux. Pourquoi suis-je fasciné par toi, par ce corps, cette personne ? Qu'ont-ils de si magique, quelle étrangeté recèlent-ils ? Plus je te regarde, plus je focalise mon attention sur telle parcelle de ta peau, telle partie de corps, et plus tu m'échappes. A cet instant tu es tout le monde et je ne parviens pas à comprendre ce qui te singularise tant à mes yeux.
Ce n'est pas la première fois que je passe une partie de ma nuit à te contempler ainsi. J'ai tout le loisir d'observer l'énigme que tu représentes et j'ai beau balayer cent fois et cent fois mon regard sur toi, je ne trouve pas le moindre indice qui apporterait l'ombre d'un début de réponse à mes questions. Je chuchote ton nom, Irène, comme si ajouter un minimum de bande-son à ce silence pouvait révéler une piste où je puisse dire, bon sang, mais c'est bien sûr !

p. 121 Pourtant, il existe ce réseau indicible qui unit deux êtres à travers les espaces du monde ? Que l'un se trouve au bord d'une falaise normande et l'autre dans une rue aux idéogrammes clignotants, ils se savent, ils se pensent, s'imaginent et l'impalpable absent est pourtant présent dans ce paysage étranger qu'il ne découvrira jamais. Son visage est là, figure centrale d'un décor inconnu où l'autre circule, et c'est alors une personne et son songe que l'on voit marcher dans un lieu du monde, armée de ce double, invisible et secret.
Les amants éloignés sont des croyants, ils croient à la présence absolue de cet autre comme on croit à un Dieu observateur muet de chaque geste, témoin de chaque pensée et à qui on peut confier sa peine ou un découragement. Ils ne prient pas, ne s'agenouillent pas, mais leurs prières muettes sont des élans du cœur, des flux de pensées qui voguent à travers les montagnes, forêts et fleuves vers un sourire, une manière de marcher, un vêtement. Ils savent que chaque parcelle de leur corps est sacrée, que rien ne doit la saisir ni même l'effleurer, que ce territoire de l'autre est l'autre, et ils s'y tiennent, persuadés que la moindre défaillance effacerait à jamais ce mystère qui les unit.


mercredi 10 octobre 2012

D'autres photos ici
"Sur les traces de Jack Kerouac"
Direct Matin 
Documentaire diffusé sur Arte

Documentaire qui repasse le jeudi 11 octobre à 5h00 et le 18 à 2h50...

Quelques informations copiées de ce blog :

Son ouvrage majeur reste Sur la route (Editions Gallimard) qui est le livre clé de la beat generation. Sur la Route est le récit des errances de l'auteur (Jack Kerouac porte le pseudonyme de Sal Paradise dans ce livre) dans les étendues américaines; voyageant en auto-stop, logeant chez qui l'accepte, partageant femmes et alcool avec des amis de rencontre, Kerouac s'abandonne à la loi du hasard, à la recherche d'une fraternité réelle entre les gens. Le récit est le compte rendu de cette quête avec ses moments d'euphorie, mais aussi ses passages à vide, ses instants nuls, ses échecs. Kerouac rend parfaitement dans ses ouvrages la nostalgie des grands espaces.

Il a parfaitement restitué sa quête de la vérité entre christianisme et bouddhisme. Sa recherche de la vérité pour l'aider à vivre s'est traduit par toutes ces formes que sont l'écriture de poésie, la peinture, le passage par les différentes drogues, la méditation face à la nature, ...






Une bibliographie très complète ici.






mardi 9 octobre 2012

Le café Soineya propos...
"Japon
Tendresse tarifée"
Direct matin
2 octobre 2012


Un "café câlin" propose des siestes...
Article complet, en ligne ici.
Je n'ai regardé que quelques secondes la vidéo proposée : le client déguisé en batman et les petites cellules ridicules ne font vraiment pas concurrence au célèbre "What else?" Quand j'essaye d'imaginer une version équivalente à Rome ou à Paris (si toutefois la chose était envisageable) je vois quelque chose de plus ludique, plus élégant, plus joyeux. Non ?


lundi 8 octobre 2012

"Je tu(e) il
Psychanalyse et mythanalyse des perversions"
Michel Cautaerts
Éditions de Boeck


Une présentation très complète de ce travail et de l'environnement sur ce blog.

En novembre dernier, suite à la parution d'un post chez Sophie K. évoquant le Liber Novus de Jung (@Sophie, malheureusement, je ne peux plus insérer le lien vers cet article de ton précédent blog), je suis tombée sur ce livre là (cf. ci-contre). Contrairement à ce qui est indiqué, il n'est pas d'un accès particulièrement facile. D'ailleurs, je n'ai pas encore trouvé ni le temps, ni la volonté d'en finir sa lecture ; et je crois que c'est plutôt une bonne chose --- et une bonne nouvelle pour vous, lecteurs de ce blog --- il faut dire également que j'ai trouvé exactement ce que je cherchais dans le premier tiers de l'ouvrage déjà très complet. Je pense que j'y retournerai ponctuellement ; je considère que c'est une somme d'informations pointues, pas un ouvrage à parcourir linéairement.


Extrait de la 4e de couverture :

La perversion étonne, trouble, inquiète, fascine, blesse et parfois tue. Mis en sa présence, on n'en croit pas ses yeux ni ses oreilles. Forte est la tentation, pour l'entourage des victimes comme pour les professionnels (médecins, psychothérapeutes, juristes, enseignants...), de minimiser sa dangerosité et de banaliser ses conséquences. Pour décrire la perversion, il faut en saisir l'origine, située dans la petite enfance, la replacer dans le contexte du développement et la comprendre comme une défense contre la psychose.

(...) L'ouvrage est destiné non seulement aux spécialistes mais aussi aux personnes cultivées confrontées à ce que l'on peut considérer comme la peste du XXIe siècle.

dimanche 7 octobre 2012

"Le prochain amour"
Yves Simon
Livre de Poche


Une jolie analyse du roman ici, et une petite biographie ici.


Note de l'éditeur

Ce roman raconte l'histoire d'une passion, qui comme toutes les passions, n'avait aucune raison d'advenir. L'homme, un écrivain, qui se croit à l'abri de la folie d'aimer, rencontre Irène, la femme-paradoxe, la fille futile aux étranges blessures, émouvante par ses naïvetés et déroutante par son inconstance. Tout les oppose. Lui n'aspire qu'à l'absolu. Elle, au contraire, n'appartient qu'aux instants et aux désirs éphémères.
Commence alors l'aventure d'un bonheur singulier et vacillant, où les serrements, les étreintes et les malentendus reprennent leur éternel manège. Autour d'eux l'époque se déploie, avec ses rumeurs et ses tumultes --- qui seront comme le tempo de leurs propres sentiments.
De l'océan Atlantique à une chambre d'hôtel qui surplombait Tokyo, un homme et une femme se sont rêvés avant de s'aimer.

Extraits

p. 11 Landsdorff, mon éditeur, me dit, c'est bon un chagrin d'amour, écris, invente, souviens-toi, profite des malheurs de ta vie pour remplir des pages, n'hésite pas, cajole tes larmes, exhibe-toi, tu as toujours écrit sur les jeunes couples urbains ou les vieux écrivains d'Europe centrale, parle de toi à présent, prends le je comme un scalpel et va triturer derrière tes paravents tout ce que tu n'as pas osé dévoiler, c'est ça aussi la littérature, des tremblements, du silence, l'attente d'une sonnerie de téléphone, le Lexomil, les crampes à l'estomac, une vie qui se détruit...

p. 26--27 Madame Bettencourt était honnête. Elle présentait mon avenir comme une catastrophe difficile à éviter, mais qu'à force de convictions et de confiance en l'univers je parviendrais à colmater. "C'est plein de fissures et de brèches et tout sombre dans cette fracture de bateau. Vous êtes un vrai Titanic urbain et c'est pour ça que j'aime vous retrouver, disait-elle. Ne vous en tenez pas à ces ruptures qui vous marquent un temps, imaginez plutôt ce qui va advenir, confiez-vous à cette femme du futur, dites-lui, attendez-là, parlez-lui quand vous êtes sur l'autoroute ou seul dans la forêt, tournez la nuit sur le périphérique dix fois, vingt fois, toutes vitres ouvertes, murmurez, hurlez, inventez-lui des paroles d'amour, racontez le rouge des flamboyants, parlez-lui encore de votre corps, des enfants que vous voulez vous offrir, du parfum et des replis de sa peau, de la pointe de ses seins, ou encore des cigares Rey del Mundo que vous aimez tant. L'univers est une caisse de résonance : à Tokyo, Alger, Seattle, Dublin, au cœur d'une oasis, elle percevra ces bribes de vent que vous lui envoyez chargées de désir. Habituez-vous à cela, insista-t-elle, en ma présence, seul dans le métro ou à l'intérieur de la nuit, prononcez des mots qui vous sembleront sans doute inutiles, mais ensemenceront la planète d'un amour inattendu."

Lorsque nous nous quittions, madame Bettencourt aimait terminer notre séance avec un café turc. Je détestait ça, mais pour le plaisir de rester quelques minutes de plus avec elle, j'acceptai cette fois encore de boire, et le liquide et le solide.


samedi 6 octobre 2012

"Paris 
La ville à remonter le temps" 
Direct Matin n°1151
Lundi 1er octobre 2012



Après le spectacle sur le parvis de Notre-Dame le 29 septembre dernier, diffusion de 4 documentaires les 1er et 9 octobre sur la chaîne Planete+


J'adore leur visuel, il est représenté sous forme animée ici également. Le site Web offre des extraits de ces 4 documentaires de 90 mn :

  • Capitale éphémère (de la préhistoire à 1200)
  • Capitale Royale (de Philippe Auguste à Louis XVI)
  • Capitale des Révolutions (de Louis XVI à la fin du XIXe siècle)
  • Capitale moderne (fin du XIXe--XXe siècle)


vendredi 5 octobre 2012

"Amok"
Stefan Zweig



Deuxième Extrait

p. 74--75 Il ne me restait plus que trois jours, trois malheureux jours pour la secourir. Comprenez bien : je savais que mon aide immédiate lui était nécessaire, et je ne pouvais pas lui adresser la parole. Et le besoin d'excuser ma conduite ridicule, ma folie furieuse, venait encore augmenter ma nervosité. Je savais combien chaque moment était précieux ; je n'ignorais pas que c'était pour elle une question de vie ou de mort, et je n'avais aucune possibilité de l'approcher ou de lui chuchoter un mot, de lui faire un signe, car, précisément, ma conduite maladroite autant qu'insensée l'avait effrayée. C'était... oui, attendez... c'était comme si vous vous précipitez derrière quelqu'un pour le prévenir contre un meurtrier et que ce quelqu'un, vous prenant vous-même pour le criminel, courût à sa perte de plus belle... Elle ne voyait en moi qu'un fou furieux la poursuivant dans le dessein de l'humilier, mais moi --- c'était l'absurdité atroce de la chose --- je ne pensais plus du tout à cela... je ne voulais plus que l'aider, la servir... Pour lui venir en aide, j'aurais commis un crime, j'aurais tué quelqu'un... Mais elle ne le comprenait pas.

jeudi 4 octobre 2012

Offrir une étoile filante...


C'est la suggestion de cadeau que j'ai reçue par e-mail au bureau un matin (lien complet ici) :

Un morceau d'éternité et une preuve d'amour des plus romantiques... offrir une étoile filante...
Un fragment de météorite d'environ 20 mm de diamètre. Une véritable étoile filante tombée du ciel "pour elle" (ou pour lui).

Tout d'abord, je me suis dit que cela ferait certainement un présent original, mais, à la réflexion, j'aurais sans doute préféré quelque chose de plus poétique qu'un caillou (d'ailleurs, les vraies pierres de l'espace ne sont-elles pas un tout petit peu radioactives sur les bords ?)
La vraie idée romantique serait de donner son prénom à une étoile. Mais une fixe, bien sûr, une que je pourrais admirer toutes les nuits. Parce que la métaphore d'un truc qui file aussi vite que la vitesse de la lumière, ben, ça ne me semble pas être un bon message à faire passer...

mercredi 3 octobre 2012

Stefan Zweig (ici)
Ce qu'on a dit de...
Stefan Zweig



Photo extraite de ce blog très riche consacré à la biographie de Stefan Zweig comportant de nombreuses photos et correspondances (dont plusieurs extraits de lettres à Romain Rolland).

J'ai choisi de recopier un large extrait de la préface du livre dont je viens de commencer la lecture.


Romain Rolland, in préface à la première édition française de Amok, en novembre 1926

Mais Stefan Zweig n'est pas de ces écrivains qui n'ont été soulevés au-dessus du niveau que par les flots de la guerre et par l'effort désespéré pour réagir contre elle. Il est l'artiste-né, chez qui l'activité créatrice est indépendante de la guerre et de la paix et de toutes les conditions extérieures, celui qui existe pour créer : le poète au sens gœthéen. Celui pour qui la vie est la substance de l'art, et l'art est le regard qui plonge au cœur de la vie. Il ne dépend de rien, et rien ne lui est étranger : aucune forme de l'art, aucune forme de la vie.

Poète, et déjà illustre dès l'adolescence, essayiste, critique, dramaturge, romancier, romancier, il a touché toutes les cordes, en maître.

Le trait le plus frappant de sa personnalité d'artiste est la passion de connaître, la curiosité sans relâche et jamais apaisée, ce démon de voir et de savoir et de vivre toutes les vies, qui a fait de lui un Fliegender Holländer, un pèlerin passionné et toujours en voyage, parcourant tous les champs de la civilisation, observant et notant, écrivant ses œuvres les plus intimes dans des hôtels de passage, dévorant tous les livres et de tous les pays, raflant les autographes, dont il a rassemblé, en sa belle demeure sur la colline abrupte qui domine la ville de Mozart, une collection magnifique, dans sa fièvre de découvrir le secret des grands hommes, des grandes passions, des grandes créations, ce qu'ils taisent au public, ce qu'ils n'ont pas avoué --- l'amoureux indiscret et pieux du génie, qui force son mystère, mais afin de mieux l'aimer ---, le poète armé de la clef redoutable du Dr Freud, dont il fut l'admirateur et l'ami de la première heure, à qui il a dédié son plus grand livre de critique, Le Combat avec le Démon ---, le chasseur d'âmes. Mais celles qu'il prend, il les prend vivantes, il ne les tue point. A pas feutrés, il erre à l'orée des bois : et, tout en feuilletant un beau livre, il écoute, il guette, le cœur battant, les bruits d'ailes, les branches froissées, le gibier qui rentre au nid et au terrier ; et sa vie est mêlée à celle de la forêt...

On a dit que la sympathie est la clef de la connaissance. Cela est vrai pour Zweig. Et vrai aussi, le contraire : que la connaissance est la clef de la sympathie. Il aime par l'intelligence. Il comprend par le cœur. Et les deux mêlés ensemble font que chez lui, comme chez le personnage d'une de ses nouvelles qu'on va lire, l'ardente curiosité psychologique a tous les caractères de la "passion charnelle".

Il en est affamé, dirait-on, comme des heures de fusion, où se résout la dualité, qui l'inquiète en lui, du Blut et du Geist(1), de l'instinct vital et de l'esprit.

On peut avancer, sans trop de risques de se tromper, que cette préoccupation sourde, ce besoin à la fois voluptueux et angoissé est le motif central, la raison essentielle du choix qui préside au groupement de ses livres les plus importants d'essais ou de nouvelles, en particulier de celui que j'introduis ici.


(1) Voir le sonnet qui précède le livre de nouvelles Verwirrung des Gefühle (La Confusion des sentiments).


Ma petite bibliographie personnelle (cliquer sur chaque couverture permet d'ouvrir le post concerné. Sauf pour Le joueur d'échec, article à venir).