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| D'après Jean-Baptiste Van Loo (1684-1745). Illustration empruntée ici. |
Stefan Zweig
Livre de poche
La première nouvelle s'intitule "Histoire d'une déchéance", elle relate les derniers mois de Jeanne Agnès Berthelot de Pléneuf, marquise de Prie, également appelée Madame de Prie, au tout début du XVIIIe siècle, dans son château de Courbépine, en Normandie. Pour plus d'information sur sa biographie, voir Wikipédia ici ou également cet article, en anglais. Pour en connaître d'avantage sur la vie de « la maîtresse absolue du royaume » et la pièce que Voltaire consacra à son « salon princier », voir ici.
Le château de Courbépine a été malheureusement détruit (voir le site officiel de Bernay dans l'Eure, ici) :
Un premier château a été érigé au lieu-dit « Le Désert » au XVIIème siècle par Léonor de Matignon, évêque de Lisieux.Par la suite, le baron de Plasnes, Marquis de Prie, acquiert la seigneurie de Courbépine. Le château de Courbépine, est alors reconstruit au cours de la seconde moitié du XVIIème siècle et accueille l’exil de la marquise de Prie.
De son vrai nom Jeanne Agnès Berthelot de Pléneuf, marquise de Prie, a été la maîtresse du Duc de Bourbon, et par la même, l’une des femmes les plus importantes de la cour de Louis XV. Elle a été contrainte de quitter la cour et de regagner ses terres normandes. En effet, le Duc de Bourbon, ministre principal au début du règne de Louis XV et la marquise tentèrent de faire exiler le principal rival du Duc (le cardinal Fleury), mais sans succès. Lorsque que ce dernier devînt à son tour ministre principal, le duc de Bourbon fut exilé dans son château de Chantilly et la marquise dans celui de Courbépine où elle mourut.Elle fut enterrée dans le chœur de l’église en 1727.
Le château de Courbépine a été vendu en 1777 avant d’être démoli quelques années plus tard.
Un extrait choisi de la nouvelle de S. Zweig, p. 42--43 :
Elle mit tout son amour-propre à être belle et royale lors de cette ultime soirée où on la verrait, elle souhaitait orner à jamais son image d'une couronne invisible, associer à son nom ce frisson de pure vénération qu'inspire tout ce qui est sublime. Le fard masquait la pâleur de ses joues creuses, sa maigreur disparaissait sous d'amples vêtements orientaux, ses yeux fatigués scintillaient du troublant éclat emprunté aux pierres précieuses qui rayonnaient dans sa chevelure comme, par un matin humide, la rosée sur une fleur sombre. Et lorsque le rideau s'ouvrit dans un bruissement et qu'elle apparut ainsi, dans une splendeur encore infiniment accrue par la passion qui l'habitait, entourée de serviteurs agenouillés, du peuple qui la regardait avec un étonnement respectueux, un frémissement parcourut les rangs de ses hôtes. Son cœur battait : pour la première fois depuis ces semaines amères elle sentait déferler vers elle cette belle vague d'admiration qui avait été si longtemps le support de son existence et un sentiment merveilleux s'empara d'elle : une légère tristesse mêlée de joie mélancolique, un regret qui sans cesse refluait pour laisser place au bonheur. Devant elle c'était comme des flots qui se brisaient, elle ne voyait plus les hommes un à un, ce n'était qu'une masse, peut-être ses invités, peut-être la France entière, peut-être la postérité, peut-être l'éternité. Et dans sa félicité, elle ne comprenait qu'une chose : elle était au sommet, encore une fois au sommet, enviée, admirée, resplendissant de la curiosité de tous ces regards anonymes et enfin, enfin, au bout de combien de temps !, elle était à nouveau consciente de vivre, d'être vivante. Et la mort n'était pas un prix trop élevé pour cette seconde de vie.
Pour conclure cette description d'ambiance festive, je vous souhaite une excellente nouvelle année 2014 à tous ! Qu'elle vous apporte beaucoup de joie et de bonheur...
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| "Venez vite, je goûte les étoiles" se serait exclamé Dom Pérignon en dégustant ce qu'il avait élaboré. Photo et citation empruntés ici. |


Zweig donne un portrait magnifique de cette "apparition" - avant de disparaître, quel sort !
RépondreSupprimerLes bulles me sont interdites (allergie aux sulfites) mais il me reste les étoiles.
Une belle année 2014, Claire.
Je suis une inconditionnelle de Sefan Zweig, avec ou sans bulle !
RépondreSupprimerTous mes voeux pour cette année !
Merci à mes deux lectrices belges, Tania et Saravati.
RépondreSupprimerMeilleurs vœux à vous pour cette nouvelle année, qu'elle soit encore riches d'échanges et de partages !
Superbe extrait, merci Claire !
RépondreSupprimerAvec retard, très belle et bonne année 2014, si possible pleine de beauté !
Bonjour Sophie,
SupprimerExcellente nouvelle année en ce --- déjà --- dernier jour de janvier ;-)