"Quand j'étais enfant, le luxe, c'était pour moi les manteaux de fourrure, les robes longues et les villas au bord de mer. Plus tard, j'ai cru que c'était mener une vie d'intellectuel. Il me semble maintenant que c'est aussi de pouvoir vivre une passion pour un homme ou une femme." Annie Ernaux (in Passion Simple)

vendredi 28 décembre 2012

La pénombre des âmes
Arthur Schnitzler
Nouvelles


La nouvelle "Le journal de Radegonde" issue de "La pénombre des âmes" est également parue dans un recueil appelé "Histoires d'amour et de mort à Vienne", textes réunis par Jean Gyori (lien ici).

4e de couverture :
Vienne, l'amour, la mort. Etrange et fascinant triangle littéraire, étrange itinéraire pour l'aventure fantastique ! Chacune des histoires contenues dans ce recueil reflète le monde baroque et singulier de la pensée autrichienne contemporaine, une des plus riches de ce siècle. L'horrible, le merveilleux, l'inquiétant, l'humoristique, le cynique — tous les modes surnaturels sont ici représentés. Et tous ces modes disent que le passage du réel à l'imaginaire est un acte essentiel, le seul peut-être qui oblige l'homme à ne jamais trop dissocier ses gestes quotidiens de ses rêves.


Le journal de Radegonde (extrait p. 98) :

Le hasard d'une rencontre inattendue me la fit revoir, par une belle matinée d'automne, tandis que je me promenais dans la forêt qui prend naissance à la porte Est de la ville. Cette forêt soignée et bien dessinée donne plutôt l'impression d'un parc anglais. Elle passa à côté de moi avec un imperceptible sourire sans me voir peut-être, et disparut bientôt à mes yeux, cachée par le feuillage jaune des arbres. Je l'avais laissé passer sans même songer à la possibilité de la saluer, de lui parler, et je ne regrettai pas cette omission quand elle fut partie, tant le moindre essai de ce genre me paraissait d'avance condamné à l'insuccès. C'est alors qu'il m'arriva quelque chose de surprenant. Je me sentis littéralement obligé de chercher à savoir ce qui serait advenu si j'avais trouvé le courage de me mettre au travers de son chemin et de l'aborder. Mon imagination me fit voir une Radegonde qui, loin de s'indigner de mon audace, semblait en être satisfaite. Une conversation s'engagea aussitôt entre nous (...)

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