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| Mimmo Rotella, La malicieuse (détail) |
Annie Ernaux
Entretien avec Frédéric-Yves Jeannet
Folio
2/2
Deux autres critiques de ce livre de correspondances avec un journaliste, durant environ une année : la première là, et l'autre ici.
Évidemment, j'ai eu très envie, moi aussi, de comparer Se perdre et Passion simple. Je vous dirai, enfin, dès que...
Extrait p. 38
De ces deux circonstances --- le délai de dix ans et l'existence d'un livre --- la seconde est principale, c'est elle qui motive la publication. Sans doute, le délai est important : c'est lui qui me permet de jeter sur le journal un regard objectif, froid, de considérer le « je » comme un autre, une autre, et, surtout, de voir au-delà du contexte de ce temps là, au-delà des sentiments exprimés, de voir, sentir devrais-je dire, l'écriture, la vérité produite par l'écriture. Mais la publication du journal me permet de faire « jouer » le premier texte, de lui donner un autre éclairage, au risque de déstabiliser le lecteur qui se trouve devant ces deux "versions" de la passion, par exemple avec Se perdre et Passion simple. Une version longue, écrite au jour le jour, dans l'opacité du présent, l'autre, brève, épurée, tournée vers la description de la réalité de la passion. A chaque fois, le texte du journal (« Je ne suis pas sortie de ma nuit » comme Se perdre) est plus violent, cru, que l'autre texte et, à cause de cela, il me semble que je n'ai pas le droit de le cacher, il faut, comme disait Rousseau, « fournir toutes les pièces »... Démystifier aussi la clôture de l’œuvre.

Merci pour ces extraits, Claire.
RépondreSupprimerBonjour Tania. Je suis en pleine découverte de "Se perdre" et sa lecture n'est pas si évidente que je l'imaginais...
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