"Quand j'étais enfant, le luxe, c'était pour moi les manteaux de fourrure, les robes longues et les villas au bord de mer. Plus tard, j'ai cru que c'était mener une vie d'intellectuel. Il me semble maintenant que c'est aussi de pouvoir vivre une passion pour un homme ou une femme." Annie Ernaux (in Passion Simple)

lundi 21 janvier 2013

A nous Paris
7 janvier 2013


Juste pour dire que --- loin de moi l'envie de suivre la mode, mais... --- j'ai bien aimé cet entrefilet, et, en attendant le mois d'avril, vous confirme que j'ai l'intention de présenter ici d'autres ouvrages de Stefan Zweig. Cependant, cela me demandera un peu de temps (le délai de la Poste, le temps de lecture --- avec l'ombre de mon blog penché sur l'épaule (merci JEA) --- et de présentation sous forme d'articles). Donc la fréquence de publication sera peut-être un peu fluctuante dans les semaines à venir.



dimanche 20 janvier 2013

Mademoiselle Else 
Arthur Schnitzler
Le livre de poche 
(partie 2/2) 


Extrait p. 58. Qu'il est immense, cet hôtel, on dirait une gigantesque forteresse enchantée, tout illuminée. Il est géant. Les montagnes aussi. De quoi prendre peur. Jamais elles n'ont été aussi noires. La lune n'est pas levée. Elle ne se lèvera que pour le spectacle, un grand spectacle sur le pré, quand monsieur von Dorsday fera danser nue son esclave. Mais qu'ai-je à faire de monsieur von Dorsday ? Allons, mademoiselle Else, que d'histoires ?! Vous qui vous apprêtiez à filer, à devenir la maîtresse d'inconnus, les uns après les autres. La bagatelle que monsieur von Dorsday vous demande vous coûterait donc tellement ? Vous étiez prête à vous vendre pour un collier de perles, de belles robes, une villa au bord de la mer ? Et la vie de votre père compterait moins pour vous ?... Ce serait pourtant un bon commencement. La justification de tout ce qui arrivera par la suite.


samedi 19 janvier 2013

Mademoiselle Else 
Arthur Schnitzler
Le livre de poche 
(partie 1/2) 


Résumé publié sur le site de l'éditeur :

« Une jeune fille de la bourgeoisie viennoise, en villégiature avec sa tante dans un palace italien, apprend que son père, ruiné à la suite de malversations financières, ne pourra être sauvé du déshonneur et de la prison que si elle parvient à soutirer à un ancien ami de la famille, le marchand d’art Dorsday, une somme importante. Celui-ci lui promet l’argent à la condition qu’il puisse la contempler nue. Le vieux Dorsday répugne à Else – elle veut bien être une garce, mais pas une grue – et sa proposition déclenche chez elle un délire qui trouvera son épilogue grandiose dans la scène où elle se déshabille dans les salons de l’hôtel avant de se donner la mort en absorbant des somnifères. »
Roland Jaccard.

Mademoiselle Else ou le soliloque tragique d’une femme piégée par les oscillations de l’âme. A travers les mots et les errances désespérées de son personnage, Schnitzler brosse le tableau exemplaire des fascinants déchirements de la morale viennoise au tournant de la modernité, valse – hésitation entre désir et devoir, entre fantasmes de prostitution et rêves de continence. Publié en 1924, ce texte demeure l’un des plus beaux exercices de style de la littérature contemporaine.
Précédé de Arthur Schnitzler, l’inoubliable, par Roland Jaccard.
Traduction par Henri Christophe.


Couverture : Herbert James Draper, Pot pourri, 1897

Une explication du tableau ici.

vendredi 18 janvier 2013

Bougie Durance, explications ici...
Publireportages pour la rentrée...



Pour recommencer tout en douceur(s) cette jolie photographie agrémentée d'un texte plutôt alléchant. Je ne connais pas ce produit en conserve portant de belles étiquettes « à l'ancienne », c'est une recette vraiment pas difficile à réaliser soi-même, mais, j'avoue qu'entre la photo et la description, j'aurais très envie de me laisser tenter. Histoire de régresser encore un peu plus, ou alors de stimuler mes papilles à défaut de mes petites cellules grises !

Et puis, en cette période de galettes des Rois, je vous suggère soit de suivre cette magnifique recette au nom évocateur, soit, pour les moins gastronomes, de vous laisser séduire par l'une des 7.999 bougies de la marque ci-dessus, parfumée à la frangipane et délivrant une fève au fur et à mesure de la fonte de la cire, un peu comme les diamants des bougies popup (attention, l'une des fèves peut rapporter un Napoléon d'or...)

Direct Matin, mardi 15 janvier 2013



jeudi 10 janvier 2013

Modulation de fréquence



Pour plus d'information technique, c'est ici. Et sinon, plus concrètement, c'est ma première bonne résolution de l'année...
A plus tard ;-)

mercredi 9 janvier 2013

Lettre de Sarah Bernhard (ici).
Clarissa
Éditions Belfond
Stefan Zweig
(partie 2/2)


Extrait 

1919. Novembre et décembre 1918 arrivèrent, puis janvier 1919. Elle se concentrait sur sa lettre. Elle avait pensé à tout ce qu'elle devait écrire. En tout cas au fond d'elle-même. Elle se demandait : « M'a-t-il oubliée ? Vit-il à nouveau avec sa femme ? Est-il tombé à la guerre ? » Elle n'avait pas le courage de répondre à ces questions. Elle écrivit une ligne. Elle se sentait seule. Elle rédigea une carte postale qui resta sans réponse : Brancoric avait disparu. En Turquie, où il traitait des affaires quelconques. Il demeurait introuvable. Elle était vraiment seule. Les soirées commencèrent à lui sembler longues. Il ne lui restait plus que son fils. Il fallait que cet enfant représentât désormais tout à ses yeux, même s'il lui en coûtait. Quelle joie elle aurait si elle pouvait voir Léonard embrasser son enfant ! Les nuits d'hiver étaient froides. Il n'y avait pas de charbon, pas d'éclairage dans les rues. Elle ne pouvait pas aller voir son père. Il y avait bien de l'argent, mais on ne pouvait plus rien acheter. L'enfant avait besoin de manger ; d'une façon ou d'une autre, elle parvenait toujours à lui trouver quelque chose. Le pire, c'était la solitude.


mardi 8 janvier 2013

Clarissa
Éditions Belfond
Stefan Zweig
(partie 1/2)


Quatrième de couverture :

On retrouva dans les archives de Zweig, en 1981, un cahier dont la première page portait la mention suivante : « Entrepris première version d'un roman, le monde entre 1902 et le début de la [Seconde] Guerre [mondiale], vu à travers l'expérience d'une femme. Esquissé simplement la première partie, le début de la tragédie, interrompu ensuite à cause du travail sur le Montaigne, troublé par les événements et l'absence de liberté dans mon existence. Stefan Zweig, novembre 1941--février 1942. »

Témoignage émouvant de ses ultimes préoccupations, ce fragment --- dont certains passages étaient complètement rédigés, d'autres seulement ébauchés --- traduit le désir qu'avait Zweig de réécrire sous une autre forme son autobiographie. Le « monde d'hier » y est vu par les yeux d'une jeune fille autrichienne, Clarissa, née en 1894 et dont le destin se noue à l'aube de la Première Guerre mondiale, lorsqu'elle rencontre un jeune socialiste français, Léonard, qui n'est pas sans évoquer Romain Rolland.


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Contrairement à différents avis sévères à l'encontre de ce roman inachevé trouvés sur le Web, j'ai beaucoup aimé ce texte. Il n'est pas simplement linéaire ou factuel, il nous emporte dans le tourbillon de la vie de son héroïne, ainsi que dans celui de l'Histoire. Et les différents personnages peints par Zweig sont tout aussi entiers et complexes que d'habitude.


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Ma petite bibliographie personnelle (cliquer sur chaque couverture permet d'ouvrir le post concerné).