"Quand j'étais enfant, le luxe, c'était pour moi les manteaux de fourrure, les robes longues et les villas au bord de mer. Plus tard, j'ai cru que c'était mener une vie d'intellectuel. Il me semble maintenant que c'est aussi de pouvoir vivre une passion pour un homme ou une femme." Annie Ernaux (in Passion Simple)

lundi 27 mai 2013

Comme promis il y a quelques semaines déjà, je suis retournée photographier les fameux arrosoirs gardant l'entrée de l'exposition « l'arbre qui ne meurt jamais » :





jeudi 23 mai 2013

Mon tout premier essai de diaporama sur --- selon moi --- une des plus belles façades de Paris... 
 

dimanche 7 avril 2013

Black city parade (ici)
Journal amoureux
Dominique Rolin
Gallimard


Extrait pp. 20--21

Vagabonder tard dans la nuit à côté d'un homme dont on ignorait l'existence deux mois plus tôt a l'étrangeté d'un voyage intérieur. Voilà : la ville est un corps et une âme à visiter, à explorer, et cela fait peur. Apprendre le corps et l'âme du jeune Jim au long des boulevards, des avenues, des places, en m'arrêtant ici ou là, quelle aventure, même s'il m'a dit tout haut et très nettement qu'il m'aime. Je le suis partout malgré mes stupeurs et mes inquiétudes, et tous les quartiers inconnus que nous traversons se transforment à mesure en porteurs de joie, pour le moment c'est cela seul qui compte. Être aimée, aimée vraiment comme je l'étais à l'époque de Martin, on verra ça plus tard. Les enjambées de Jim sont d'une fermeté, d'une envergure et j'oserai même dire d'une intelligence qui m'épatent. Je trotte. Il galope. Il est né meneur de jeu, les jeux de l'amour et du hasard. Il est né pour la synthèse, tout est là. Il dit aussi : « Je n'aime pas les sentiments que j'inspire. »


samedi 6 avril 2013

A l'ombre de Bouddha
Le Monde
Vendredi 15 mars 2013


L'article complet est disponible ici, avec d'autres illustrations et une vidéo. Plus d'information sur cette exposition "Art sacré du Tibet" ici.



vendredi 5 avril 2013

Sous la vague au large de Kanagawa,
gravée vers 1831-34 (ici)
Love Hotel
Christine Montalbetti
Éditions POL


Je ne lirai probablement pas ce livre, mais j'ai aimé la manière dont Denis Podalydès l'a présenté. Et également l'image qui s'est faite dans mon esprit au moment de cette découverte. Et pour plus d'illustrations d'Hokusaï, je conseille cette série de posts chez Tania.


jeudi 4 avril 2013

Journal amoureux
Dominique Rollin
Gallimard


Je vous invite à consulter cette page, mi-biographique, mi-bibliographique sur ce couple célèbre. Vous y retrouverez, à la fin, l'extrait que j'avais choisi de publier ci-dessous en préambule de ce roman que je viens tout juste de commencer et qui me plaît déjà beaucoup, beaucoup...

La citation ci-contre, présente sur la 4e de couverture :
« Écrire, c'est aimer.
Écrire, c'est être aimé. »


Extrait p. 13--14

Celui que je nommerai beaucoup plus tard Jim (à cause de Joyce) m'a écrit : notre rencontre l'a rendu heureux, il souhaite me revoir, il précise qu'il n'aime pas les choses inabouties. Je lui plais. Il me plaît. Après tout, pourquoi pas ? Plaire est le tout premier mot codé d'une certaine clé d'ouverture : rien n'est possible sans elle. Premier rendez-vous fixé la semaine suivante dans un vieux café célèbre de Saint-Germain-des-Prés, proche du petit hôtel où j'ai mes habitudes. Heure creuse d'après-midi (« heure creuse », inexplicable merveille du langage) ; première stupeur de nous trouver face à face dans la grande salle vide et miroitante ; premier déclic mental : ce jeune homme dont je ne sais presque rien est un génie de la rapidité, ce que confirme le contenu ailé de son livre. Il lui suffit de trois minutes pour balayer l'immédiat, pour précéder les sauts de sa pensée, et peut-être aussi la mienne. Où s'est caché le monde ? On s'en fout, il n'y a plus de monde, simple constat d'une fausse réalité rieuse, fiable. Nous n'avons rien de spécial à dire, tout est à faire. Pour donner le change et sur un ton d'impatience amusée il m'offre deux ou trois morceaux choisis de sa ville d'enfance, un fleuve, l'océan, des vignes, ah oui, d'immenses champs de vignes, une île de vacances aussi, et je lui renvoie aussitôt un peu de mes anciens « moi ». Notre double récit ressemble aux rushes d'un film que nous chercherons, qui le sait, à monter par la suite. Et voilà que Jim le jeune consulte sa montre, se lève d'un coup, il doit se dépêcher, un autre rendez-vous l'attend chez son éditeur, il aime la ponctualité, vite il me raccompagne jusqu'au carrefour voisin. Alors il descend la marche du trottoir pour que nos visages se trouvent au même niveau, proches à se toucher, sans se toucher pourtant, il me scrute simplement avant d'articuler vite, vite mais avec précision :
— Vous savez, je suis quelqu'un de très bien.
Phrase d'une prétention inouïe ? Nullement. Ce jeune écrivain ne cherche rien de plus qu'à m'enseigner le goût de l'instantané, le temps est une valeur à massacrer sans cesse.

mercredi 3 avril 2013

Divorcer d'un manipulateur
Un emploi à temps plein
Christel Petitcollin
Guy Trédaniel éditeur


Présentation par l'auteure sur son propre blog, ici.

Elle m'avait indiqué qu'elle était en train de l'écrire en 2010, il est paru l'année dernière et je ne l'ai appris que grâce à ce très bon dossier que l'Express vient de sortir (pour le lire, c'est ici).


Extrait de l'introduction :

Ce livre dénonce statistiquement 2 % des hommes et 20 % des divorces. Je supplie les hommes sympas (98 % donc), les papas adorables, les divorcés normaux, de ne pas se sentir visés par le contenu de ce livre, mais au contraire de soutenir leurs amies, leurs sœurs, leurs filles, aux prises avec de tels salauds. Il y va de l'honneur masculin de ne pas cautionner activement ou passivement les comportements de quelques hommes déviants.

Enfin, dans mon précédent livre, j'avais eu à cœur de démystifier les pervers et de dédramatiser les agissements des manipulateurs. Ce sont des gens lâches et sournois qui deviennent inoffensifs quand on les cadre fermement. Je reste convaincue que ces individus n'ont de pouvoir sur nous que par la peur qu'ils nous inspirent, et que si on les diabolise, on sert leur cause. Mais dans le cadre d'un divorce avec enfants, c'est l'inverse. A mon avis, les épouses n'ont pas assez peur ou en tout cas, elles ne se défendent pas de manière réaliste. Elles n'imaginent pas ce qui les attend. Elles sont naïvement persuadées qu'il est « juste fâché » par la rupture et qu'il va se calmer avec le temps. Elles croient qu'un père ne peut qu'aimer ses enfants et respecter leur mère, donc il se comportera civilement pendant la procédure. Or il n'en sera rien. Ces hommes sont sans affect. Ils haïssent les mères et jalousent les enfants heureux, y compris et surtout les leurs. Pour atteindre leur ex, ils n'hésiteront pas à faire du mal à leurs propres enfants, j'en donne des exemples véridiques dans ce livre.

Cette fois, parce qu'il s'agit de la protection des mineurs et qu'il faut réveiller les mères avant qu'il ne soit trop tard, je ne minimiserai pas le danger. Ces manipulateurs, dans le cadre familial, sont particulièrement dangereux. Ce sont des pervers narcissiques, des manipulateurs destructeurs. Leurs conjointes et leurs enfants sont bien des victimes. Victimes d'une escroquerie mentale, d'un rapt psychologique, victimes d'un lavage de cerveau, victimes d'une destruction organisée de leur intégrité physique et morale.