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| Le XIXe siècle et la lithographie (ici) |
in La Peur
Stefan Zweig
Extrait p. 248. (...) Je descendis l'escalier en titubant comme dans un rêve. Au fond, j'avais honte. J'étais arrivé comme l'ange d'un conte de fées dans la demeure de pauvres gens. J'avais rendu pendant deux heures la vue à un aveugle, en mentant sciemment et en prêtant mon concours à une pieuse supercherie. En réalité j'étais venu pour acquérir par ruse quelques pièces rares et précieuses. Ce que j'emportais, c'était cette chose inestimable : le souvenir d'un enthousiasme vivant et pur, d'une extase spirituelle entièrement vouée à l'art que les hommes semblent ne plus connaître depuis longtemps. Une vénération profonde emplissait mon cœur. Et pourtant, je me sentais tout humilié, sans savoir au fond pourquoi.
(...)
Jamais je n'oublierai la joie de cet homme. A sa fenêtre, il planait au-dessus des passants affairés et inquiets. Une illusion bienfaisante, semblable à un nuage vaporeux, lui cachait le monde réel et ses turpitudes. Et je me rappelai cette parole si vraie --- de Goethe, je crois « Les collectionneurs sont des gens heureux. »

"il planait" entre Stefan Zweig et Jean Michel Folon...
RépondreSupprimerMerci pour cette référence, que je ne connaissais pas.
SupprimerLes collectionneurs sont des gens redoutables prêts à tout pour assouvir leurs instincts. J'ai connu un militaire dans un petit village des Abruzzes. Grand, imposant, autoritaire, il se rendait chez les vieux villageois qui bien souvent lui donnaient leurs trésors parfois même gratuitement, comme s' il leur faisait l'honneur d'accepter.
RépondreSupprimerIl m'a fait visiter sa maison, c'était un véritable musée. Sa femme appréciait beaucoup moins d'y faire les poussières ...
Je me méfie des monomaniaques ;-)
SupprimerC'est nouveau votre petite icône ?! Elle est très jolie.