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| Photographie trouvée ici |
in La Peur
Stefan Zweig
Extrait p. 209. (...) Finalement, il soulevait avec vénération le vieux bouquin. Les yeux mi-clos, il en reniflait la senteur, heureux comme une jeune fille sentimentale admirant une rose. Pendant cette procédure un peu lente et compliquée, le propriétaire du livre devait évidemment prendre patience. Mais après cet examen approfondi, Mendel donnait tous les renseignements avec la meilleure grâce, voire avec enthousiasme ; il ne manquait pas d'y joindre de piquantes anecdotes et des indications utiles sur le prix de vente d'exemplaires analogues. A ces moments là, il semblait rajeuni, ragaillardi. Une seule chose pouvait le mettre dans tous ses états : le bon mouvement de quelque novice voulant lui offrir une récompense pour son expertise. Il reculait alors, froissé, comme un conservateur de musée à qui un Américain offrirait un pourboire. Feuilleter un ouvrage rare procurait à Mendel une jouissance délicieuse, comparable à celle qu'éprouve l'amant qui caresse sa maîtresse. Ces instants étaient ses nuits d'amour platonique. Seuls les livres avaient un empire sur lui, jamais l'argent.

Les livres qui parlent aux sens, oui, c'est un peu le sens de cela qu'on a perdu avec le numérique, l'odeur de l'encre, les feuilles jaunies, les annotations maldroites anonymes ou insolites et cet amour de la matière qui fait oublier le temps...ça donne envie !
RépondreSupprimerTout à fait d'accord. Sans compter qu'on trouve aussi parfois des choses insolites insérées entre les pages : des fleurs séchées, un ancien marque-page oublié, une carte postale, même un numéro de téléphone noté rapidement au crayon de papier !
Supprimerune pensée personnelle non pour un personnage de roman mais pour Madame Mendel que la persécution ne parvint pas à faire taire, que du contraire, amoureuse sans condition des livres et méprisant l'argent...
RépondreSupprimerLes commentaires personnels sont tout aussi bienvenus que les autres...
SupprimerLes bouquinistes ne s'en sortent qu'en vendant des tours Eiffel... Une fois j'ai essayé de revendre deux ou trois bouquins : chacun était acheté à seulement 1 ou 2 euros !
RépondreSupprimerAutant les donner à un(e) inconnu(e) dans la rue.
Ce serait immanquablement plus original et probablement très apprécié ! Attention cependant à cette ancienne publicité "un inconnu vous offre des fleurs" ;-)
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