"Quand j'étais enfant, le luxe, c'était pour moi les manteaux de fourrure, les robes longues et les villas au bord de mer. Plus tard, j'ai cru que c'était mener une vie d'intellectuel. Il me semble maintenant que c'est aussi de pouvoir vivre une passion pour un homme ou une femme." Annie Ernaux (in Passion Simple)

samedi 15 septembre 2012

ARTE F / © All 3 Media
De l'Orient à l'Occident


Je n'ai découvert cette série de documentaires que samedi dernier. J'ai trouvé l'émission tellement intéressante et richement illustrée que j'ai décidé tout simplement de recopier la page du site d'Arte ici. Et comme je ne l'ai pas vue en entier... rediffusion le dimanche 16/09.



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Comment au Moyen-Orient, carrefour de l'Europe, de l'Afrique et de l'Asie, les civilisations successives ont façonné le monde qui est le nôtre. Une série documentaire pleine de souffle. 


4. L'âge d'or islamique

En avance sur l'Europe médiévale, le monde islamique entame sa Renaissance à partir du VIIIe siècle à Bagdad. Les savants musulmans opèrent alors une synthèse entre les idées gréco-romaines, les mathématiques et l'astronomie des Perses et des Indiens pour jeter les fondements de la science moderne. Ces connaissances seront développées par des savants européens (dont Chaucer, Fibonacci, Galilée...). Cet épisode se concentre notamment sur la Maison de la Sagesse à Bagdad et sur les mosquées de la grande université du Caire.

En Occident, l'histoire mondiale est toujours racontée du point de vue des Européens, la Grèce et la Rome antiques, puis la Renaissance étant présentées comme les berceaux de la modernité. Or, du monothéisme aux fondements de la science, des premières cités aux notions de justice, de droits civiques et d'expression artistique, les idées qui dominent le monde d'aujourd'hui sont nées au Moyen-Orient. Cette vaste fresque historique entreprend de raconter, sur une période de douze mille ans, l'histoire de la civilisation mondiale à partir de cette région carrefour qui n'a cessé de se transformer. Tournée dans des lieux superbes (le désert d'Arabie, les monts Zagros, la Cappadoce, la Mongolie, Istanbul, Jérusalem, Grenade, Agra...), mêlant les propos de chercheurs, d'historiens et d'archéologues à des scènes reconstituées et à des images de synthèse, elle nous emmène sur trois continents (Europe, Asie, Afrique) pour nous faire revivre avec une perspective nouvelle une histoire méconnue. Après les trois premiers épisodes centrés sur l'Antiquité, on explore la très riche période de la Renaissance, qui a commencé à... Bagdad.

vendredi 14 septembre 2012

"Un soupçon légitime"
Stefan Zweig
Editions Grasset



Une présentation ici avec laquelle je suis entièrement d'accord : l'auteur prête ici à un animal, le chien Ponto, des sentiments quasiment humains, et les analyse de la même manière qu'avec un ou une héroïne plus classique.


4e de couverture

Un soupçon légitime est l'histoire d'un homme dont les passions vont causer le malheur de son entourage. John Limpley s'installe à la campagne avec son épouse et adopte un chien, Ponto. Adulé par son maître, l'animal se transforme en tyran... jusqu'au jour où il est délaissé, lorsque la jeune femme tombe enceinte. Le drame qui va suivre est d'autant plus tragique qu'il reste inexpliqué.

Dans cette nouvelle angoissante, inédite en français, on retrouve le style inimitable de Zweig et sa finesse dans l'analyse psychologique. Comme dans Lettre d'une inconnue ou Le joueur d'échecs, il dépeint avec virtuosité les conséquences funestes de l'obsession et de la démesure des sentiments.


Extrait

pp. 32-33 Peu à peu Pronto imagina même, aussi invraisemblable que cela puisse paraître, tout un système pour lui faire savoir que, s'il avait la bonté de tolérer caresses et enthousiasme, il ne se sentait en aucun cas redevable de ces hommages quotidiens. Par principe, chaque fois que Limpley l'appelait, il le faisait attendre, et la dissimulation infernale de Ponto alla peu à peu si loin que, toute la journée, comme un chien de race normal, il chassait partout à la ronde, traquait les poules, se démenait dans l'eau, dévorait tout ce qui lui tombait sous la dent et s'adonnait à son plaisir favori : dans une course rapide mais silencieuse, dévaler sournoisement, aussi explosif qu'un pétard, la prairie qui descendait au canal, pour pousser dans l'eau d'un vilain et sauvage coup de tête les paniers de linge et les cuves disposés tout au long, puis, avec un hurlement de triomphe, danser autour des femmes et des jeunes filles désespérées, qui devaient retirer leur linge de l'eau pièce après pièce. Mais dès qu'arrivait l'heure où Limpley rentrait du bureau, ce comédien retors abandonnait son attitude allègre pour adopter celle, hautaine, d'un sultan. Allongé paresseusement, et sans le moindre signe de bienvenue, il attendait son maître, qui se jetait sur lui, en s'exclamant "Bonsoir, Ponto", avant même d'avoir embrassé sa femme ou enlevé son manteau. Ponto n'agitait même pas la queue pour lui rendre son salut.


jeudi 13 septembre 2012

Les mystères du buste de Nefertiti


J'ai vu cette émission le 24 août sur France 5, classée dans le genre "enquêtes d'archéologie" ; j'ai adoré le contenu, les visites sur place, l'alternance de documents d'archives (de 1912), d'entretiens de spécialistes, les expériences réalisées de nos jours avec les plus hautes techniques, mais pas du tout la forme...

Et je retrouve le même problème avec la vidéo ci-dessous (pourtant, même si elle est curieusement calquée sur le documentaire ci-dessus, il ne me semble pas que ce soit la même qualité d'émission...) Le ton de voix off ne me plaît pas (il évoque pour moi ces émissions, que je ne regarde pas, de pseudo investigation sur des faits divers passés), avec un je ne sais quoi de voyeurisme assorti d'une vulgarisation à l'extrême. Toutefois, cette seconde émission (publiée sur le Web en 3 parties) a le mérite d'exister et d'être visible par un grand nombre de personnes.

Le propos central de l''émission sur France 5 était la polémique autour de l'authenticité de la sculpture. On nous exposait donc les arguments de chacune des deux parties, avec au final, une interview en forme de coup de poing d'un haut responsable égyptien. Mais le documentaire ne répond pas à la question posée. Pire, les deux thèses se confondent dans la conclusion et on reste, du coup, un peu sur sa faim (ou alors, je n'ai pas tout saisi ?)

Pour se faire une idée beaucoup plus précise, et lire une version de la conclusion qui me semble bien plus conforme à la réalité, je conseille un article, vraiment détaillé que j'ai trouvé concernant cette recherche et le livre qui a été à l'origine de l'émission, se trouvant ici, sur un site spécialisé sur les Pharaons.




 

mercredi 12 septembre 2012

"Femmes qui courent avec les loups"
Histoires et mythes de l'archétype de la femme sauvage
Clarissa Pinkola Estés


Quatrième de couverture (extrait) :

Psychanalyste et conteuse, fascinée par les mythes et légendes, auteur également du Jardinier de l’Éden, Clarissa Pinkola Estés nous propose de retrouver cette part enfouie, pleine de vitalité et de générosité, vibrante, donneuse de vie. A travers des fouilles "psycho-archéologiques" des ruines de l'inconscient féminin, en faisant appel aux traditions et aux représentations les plus diverses, de la Vierge Marie à Vénus, de Barbe-bleue à la petite marchande d'allumettes, elle ouvre la route et démontre qu'il ne tient qu'à chacune de retrouver en elle la Femme sauvage.(...)


Première de couverture : Détail du tableau "Deux femmes courant sur la plage", Picasso.


Chapitre 9 : Rentrer chez soi : retour à soi-même

p. 389 Il est bon, il est nécessaire que les femmes affirment, par tous les moyens, leur droit à rentrer chez soi. Chez soi, c'est un état d'humeur ou une impression qui nous permet d'éprouver de manière soutenue des sentiments que l'on ne peut pas toujours éprouver de la sorte dans la vie courante : l'émerveillement, la vision, la paix, l'absence de soucis et de demandes à notre égard. Ces trésors doivent être dissimulés dans la psyché afin de servir plus tard, dans le monde du dessus.

Il y a de nombreux endroits psychiques où l'on peut se rendre pour "sentir" le chemin du retour vers ce domicile très particulier, mais l'endroit physique lui-même n'est pas ce chez soi. Il est seulement le véhicule pour endormir le moi, afin que nous puissions continuer seules la route. Ces véhicules sont nombreux, par exemple la musique, l'art, la forêt, les embruns, le lever du soleil, la solitude. Ils nous conduisent vers un monde intérieur nourricier, qui a des idées, un ordre, une subsistance propre.

Ce chez-soi, c'est la vie instinctuelle qui fonctionne de manière parfaitement huilée, où tout est à sa place, où chaque bruit a sa raison d'être, où la lumière est bonne et où les odeurs nous calment au lieu de nous alarmer. Ce qui se passe au retour n'a guère d'importance. Ce qui en a, c'est ce qui renforce l'équilibre. Et c'est cela, chez soi.


p. 406 Jung disait : "Il serait beaucoup plus simple d'admettre notre pauvreté spirituelle... quand l'esprit se fait lourd, il se change en eau... Le chemin de l'âme... mène donc à l'eau." Nos retours vers notre chez-soi, les moments que nous passons à converser avec le phoque sur le rocher sont des actes d'écologie innée et intégrale, car ils représentent un retour à l'eau, une rencontre avec l'amie sauvage, celle qui, plus que tout autre, nous aime inconditionnellement. Il nous suffit de plonger notre regard dans ces yeux qui expriment l'âme et qui sont "sauvages, sages et aimants".


Chapitre 8 : l'instinct de conservation : identifier les pièges, cages et appâts empoisonnés

p. 331-332 Les femmes trichent souvent ainsi avec elles-mêmes. Elles ont laissé détruire leur trésor, quel qu'il soit, mais elles en récupèrent des petits bouts comme elles le peuvent. Écrivent-elles ? Oui, mais en secret et personne ne peut leur donner une opinion, les encourager. Sont-elles ambitieuses ? Oui, mais elles prétendent que non, tout en souhaitant leur réussite, celle de leurs proches, de l'univers dans lequel elles vivent et elles restent avec leurs rêves, obligées de se battre et d'avancer en silence. Ne pas avoir de confident, de guide, rester sans personne pour nous encourager est mortel.

C'est là un mode de vie minimal. Elles ne montrent rien, mais dès qu'un rai de lumière apparaît, leur soi affamé sort d'un bond et se précipite vers la forme de vie la plus proche, se dépense follement, danse jusqu'à l'épuisement, puis tente de regagner sa cellule obscure avant qu'on se soit aperçu de son absence.

On trouve ce comportement chez les femmes mal mariées, chez celles auxquelles on fait sentir leur infériorité, celles qui craignent le ridicule, l'humiliation, la punition, celles dont l'instinct est endommagé. Or, une telle attitude n'est bonne que dans la mesure où les petits bouts de vie dérobée sont les bons, c'est-à-dire ceux qui vont jouer un rôle positif et conduire à la libération de la femme captive en donnant à l'âme la détermination de cesser ce genre de chose et de mener au grand jour la vie qui lui convient.

Voyez-vous, il y a quelque chose, dans l'âme sauvage, qui ne nous permet pas de subsister indéfiniment grâce à des miettes, grâce à quelques goulées d'air pur et qui nous oblige à nous nourrir, à respirer pleinement. Même si, comme un enfant, vous essayez de retenir votre respiration ou de n'aspirer que quelques goulées d'air, le moment vient où une force viscérale vous oblige à prendre une grande inspiration. Et vous respirez de nouveau normalement.

Par bonheur, cela se passe aussi comme ça dans l'âme/psyché. Elle prend les commandes et vous oblige à inspirer à fond. D'ailleurs au fond de nous-mêmes, nous savons que nous ne pouvons pas vivre ainsi. La force sauvage qui se trouve dans l'âme de la femme réclame l'accès à ce bon air.

"Deux femmes courant sur la plage" (la course) Picasso.

mardi 11 septembre 2012

Transports, un éloge de la fuite ?


Définition selon "L'art d'aimer", éditions Textuel :

p. 193 Nul ne saurait le contester, le cinéma est une machine à enrichir nos fantasmes, une "usine à rêves". Il n'a cessé d'emplir nos vies, de les transformer, embrassant le réel et l'irréel, le présent et le passé, le vécu et le souvenir. Qui n'a vu la sienne bouleversée par la projection d'un film ? Il permet au spectateur de se transporter dans un ailleurs, de rêver à des mondes possibles ou impossibles, d'échapper à une réalité par trop décevante ou insupportable, à une vie parfois sans perspectives ou sans amour. Durant le tournage de Out of Africa, en 1985, Sydney Pollack évoque cet éloge de la fuite : "Quand j'étais enfant et adolescent, et même plus tard, j'adorais voir des films qui n'avaient aucun rapport avec la vie, j'aimais me prélasser dans des univers merveilleux, j'étais fasciné par ce qu'il y avait de magique derrière l'écran et un peu déçu lorsque le film était terminé".



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Autre définition selon Roger Fournier :

"L'imagination est la meilleure compagnie de transport au monde."

lundi 10 septembre 2012

"Sous ma peau.
Le manège du désir"
De et avec Geneviève de Kermabon
Le théâtre Lucernaire
Mai--Juin 2012


En mai dernier, suite à la parution d'un article dans TLC concernant cette pièce, et à mes recherches sur le Web (site du Lucernaire, et revue de presse ici), j'ai décidé, que moi aussi, je voulais savoir ce que cette artiste avait à nous confier, dans l'obscurité intime d'une petite salle de spectacle sur le désir, le plaisir et les mécanismes internes qui gèrent cela. J'ai réservé ma place.

Au préalable je m'étais interrogée sur le public que j'y rencontrerai et sur le contenu de la pièce...  Mais non... pas de regrets. L'intégralité du vocabulaire est sobre, doux, ni agressif, ni cru, ni violent. Pourtant sur le flyer il est écrit : "Confidence brutale du plaisir et de la frustration" je n'ai rien vu de brutal. Confidences, oui, évidemment. Frustration, également, on la comprend en écoutant certains de ses personnages (surtout quand on connaît la source de son inspiration). Mais il y a plus de bonheur que de frustration ! L'artiste fait tout pour nous pousser dans le monde de la poésie et de la suggestion...

Elle est époustouflante : elle a tout fait dans cette pièce (sauf la musique, le compositeur était dans la salle), elle maîtrise son corps de manière tout à fait libre et décomplexée. Elle se balade la moitié du temps en juste-au-corps couleur chair plutôt impudique, mais ça passe très bien (j'aurais cependant apprécié plus de raffinement dans les costumes, mais je suppose que c'était tout à fait volontaire). Elle joue, minaude et danse avec des masques, des marionnettes, des cordes, toute sorte de tenues, elle utilise tout l'espace de la scène, et invente des positions que je n'avais encore jamais vues au théâtre (mais en danse ou au cirque, oui). Elle mime des dialogues avec différents types d'interlocuteurs, elle nous met à l'aise avec des discours tout à fait naturels et parle sans détours de choses qu'on tait habituellement. Il y a une remarquable inventivité.

En bref, elle excelle à nous faire partager son bonheur de la chose, elle pose des mots prouvant sa gourmandise devant le plaisir, la force et la beauté de ce que l'on recherche tous (je crois bien, non ?) Souvent ce qu'elle déclame pousse à nous interroger sur notre propre vécu (histoire de comparer !) Je ne sais plus si elle a utilisé le mot "vertige" mais elle aurait pu. Elle n'a pas utilisé le fameux "lâcher prise" mais plusieurs synonymes. Elle nous a offert quelques instants délirants et hilarants sur la religion, représentée par un hideux personnage (une femme très âgée, toute ridée, qui préconisait qu'on n'avait pas le droit au plaisir, que ce n'était pas bien) ce qui m'a évidemment interpelée.

Sa conclusion est grandiose (non, je ne la dévoilerai pas...) Elle aborde énormément de questions, mais se garde bien de nous apporter la moindre réponse (trop facile, sinon !)

C'est pétillant, revigorant, optimiste, rassurant. En revanche... je n'utiliserais pas les mêmes termes que ceux que j'avais lus dans les critiques : je n'ai pas eu de frissons, et je n'irais pas non plus jusqu'à écrire une jouissance irrésistible. Cependant, je veux bien confirmer les mots du flyer "Pièce intime et spectaculaire". Plusieurs fois elle a utilisé le mot "fragment" alors évidemment, j'ai pensé à Barthes. Mais c'est totalement différent : cette pièce est construite sous forme de dialogues et n'aborde pas le thème des sentiments.

En puis, à la fin du mois de juin, j'ai lu un article sur cette artiste dans le journal Libération.

Et à nouveau, j'ai eu cette impression bizarre de ne pas avoir assisté à la même pièce que ces deux journalistes. Ou alors est-elle indescriptible ? Interprétable à l'infini par les spectateurs ? Ou pas assez "politiquement correcte" pour qu'on en parle précisément ? La seule chose qui est dite de la pièce est "ses quidams, elle les incarne avec une virtuosité sensuelle, exempte de vulgarité. Et si la pièce parle de sexe en long et en large, l'interprète est plutôt dans la retenue."

C'était un peu vague, pour susciter l'envie d'y aller, ne trouvez-vous pas ?

dimanche 9 septembre 2012

 "Légende d'une vie"
Stefan Zweig
Editions Grasset




Une remarquable analyse de cette pièce de théâtre ici.


4e de couverture 

Leonore Franck, veuve du célèbre écrivain Karl Amadeus Franck, a transformé la vie du maître en légende avec la complicité de Bürstein, son biographe. C'est alors qu'entre en scène une mystérieuse femme qui fut l'amour d'enfance du grand écrivain, à qui il a écrit des dizaines de lettres enflammées et dédié une pièce de théâtre que tout le monde croyait perdue.

Histoire de famille et de jalousie ? Pas seulement : tout le génie de Zweig est de glisser du vaudeville à une pièce métaphysique sur la création, sur les pouvoirs, les devoirs des héritiers d'un grand personnage disparu : tout publier, censurer, couper, rectifier ?

Légende d'une vie se lit comme une longue nouvelle dialoguée, un petit bijou de psychologie et de critique sociale. Chaque mot est pesé, travaillé dans le sens de l'efficacité ou de l'ambivalence. Elle a été créée en 1919 à Hambourg, à une date où Zweig avait déjà une réputation bien établie.


Un extrait

p. 170
Leonore : Nous nous assoirons côte à côte, Maria... et parlerons de lui... pour nous... juste pour nous... Je comprends maintenant à quel point la légende que j'ai créée me l'avait rendu étranger... Oh, comme ce sera bon de l'avoir à nouveau vraiment, lui que nous avions perdu en le livrant au monde...

Maria : Au monde ? Que sait le monde d'une personne ? ... Ce que nous savons les uns des autres, nous ne le savons que grâce à l'amour...