"Enfants de manipulateurs.
Comment les protéger ?"
Christel Petitcollin
Éditions Trédaniel
Présentation de l'ouvrage sur le site de l'éditeur (
ici). Comme d'habitude pour ce sujet, ce recueil est illustré de nombreux exemples réels rencontrés au cours de l'exercice professionnel de l'auteur.
Un extrait de l'introduction p. 18--19 :
Je refuse d'être pro-mères et je refuse d'être pro-pères. Pourtant, je suis chaque jour aux premières loges pour accueillir la détresse de ces parents sains, assistant impuissants à la destruction de leur enfant par le parent pervers. Alors, loin de moi l'idée de nier ou de minimiser leur douleur. Mais ces souffrances des mères et des pères qui se disent « désenfantés » aussi intenses soient-elles, sont des chagrins d'adultes. Ce qui me bouleverse avant tout, c'est la souffrance des enfants.
A part les quelques associations exclusivement centrées sur les droits des enfants, comme par exemple « l'Enfant d'abord », auxquelles je rends hommage, nul dans cette société qui use et abuse du concept de « l'intérêt supérieur de l'enfant » ne semble aujourd'hui être capable d'entendre le vécu atroce de ces petits. Alors, à travers ces pages, je veux être exclusivement pro-enfants, de la façon la plus neutre, la plus objective possible, en faisant appel au bon sens le plus élémentaire.
Un extrait du chapitre 3 : Les relations du parent manipulateur avec ses enfants (p. 57--58) :
Mais comme ce parent normal ne devine pas la malveillance délibérée du manipulateur, il pense à de la maladresse, pas à de la maltraitance. Il a bien remarqué l'immaturité de son conjoint et repéré avec étonnement que celui-ci est jaloux de ses propres enfants. Chaque jour, il peut constater que le manipulateur est en rivalité féroce avec sa progéniture, dans la quête de son attention. Un mari crie à sa femme : «
Mais tu ne vois pas que ce gosse (6 mois)
cherche à nous faire divorcer ! C'est dingue, il a plus de droits que moi, ici ! » Exclusif, possessif et jaloux, le manipulateur exige d'être le fils chéri (ou la fille unique) de son conjoint et refuse toute limite et toute contrainte. Il regarde d'un œil mauvais tous les moments de tendresse qui peuvent exister entre l'autre parent et ses enfants, cherche à les interrompre et exerce de telles représailles que peu à peu, les enfants et ce parent prennent l'habitude de s'abstenir de toute démonstration de joie ou de tendresse en la présence du manipulateur. De même, tout ce qui fait la joie de l'enfance : les jeux, les peluches, les histoires, les câlins, le doudou, la sucette, attisent sa rage. Le parent manipulateur cherche à priver ses enfants de toute douceur et à effacer toute trace d'enfance. Au plus vite, il faut supprimer les biberons, la poussette, la sucette, le doudou, l'ours en peluche, etc. En sa présence, il est quasiment impossible à l'autre parent de se montrer aimant avec son enfant, de lui lire une histoire au moment du coucher, de le rassurer quand il a peur, de le consoler quand il s'est fait mal ou de l'écouter quand il veut raconter sa journée d'école.
Le parent sain essaie de son mieux de valoriser et d'investir l'autre parent dans l'éducation des enfants. Mais en vain. Le vieil enfant qui sommeille en tout manipulateur ricane et se régale de faire enrager son conjoint. Il se fera un plaisir de transgresser lui-même les règles que l'autre parent essaye d'inculquer aux enfants, d'inciter les enfants à désobéir et de saboter tout système éducatif cohérent. Pire, les manipulateurs prennent les enfants à témoin de la bêtise de l'autre parent , le dénigre et se moque de lui devant eux : «
Regarde ta mère... » ou «
Décidément, ton père... »