Annie Ernaux
Coll. Raconter la vie
Ed. Seuil
(suite)
Aujourd'hui, je reproduis une interview de Annie Ernaux parue dans A nous Paris de cette semaine.
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L'hypermarché comme grand rendez-vous humain, comme spectacle, je l'ai éprouvé à plusieurs reprises. La première fois, de façon aigüe, avec une vague honte. Pour écrire, je m'étais isolée hors saison dans un village de la Nièvre et je n'y arrivais pas. Aller « au Leclerc » à 5 km était un soulagement. Celui, en me mêlant à des inconnus, en « voyant du monde », de retrouver, justement, le monde. La présence nécessaire du monde. Découvrant par là, que j'étais pareille à tous ceux qui vont faire un tour au centre commercial pour se distraire ou échapper à la solitude.Du coup, pour aller faire les vraies courses alimentaires, ce n'est pas l'endroit que je privilégierais... j'ai tenté une piqure de rappel ce samedi après-midi (celui précédent Pâques) dans un autre centre commercial (encore plus grand, j'en suis sure et surtout plus proche de Paris) et les palettes de chocolats à perte de vue et d'une hauteur gigantesque m'ont carrément rebutée. Le rayon suivant, avalanche de biscuits secs, semi-frais, en vrac, dans des boîtes en plastique translucide, m'a décidée à faire demi-tour sans rien acheter. D'autant que :
Oeufs de Pâques à gogo. Déjà. J'avais oublié. Les grandes surfaces n'oublient rien. Les maillots de bain sont sans doute dans des caisses, prêts à être déballés, comme les cadeaux pour la fête des Mères. Les instances commerciales raccourcissent l'avenir et font tomber le passé de la semaine dernière aux oubliettes.
Près du tiers des caisses sont maintenant automatiques, groupées par quatre ou six et ne nécessitant la présence que d'un employé chargé de la surveillance et du bon fonctionnement de la machine. Dans la journée, les caisses traditionnelles sont deux fois moins nombreuses que celles-ci à fonctionner. La disparition des caissières avance.
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| Paru dans Le Nouvel Observateur, du 10 au 16 avril 2014. |
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Située sur la prestigieuse place de Vosges, au cœur du quartier du Marais, la maison de Victor Hugo invite le visiteur à entrer dans l’intimité du célèbre écrivain français. Il a vécu au deuxième étage de cet hôtel particulier de 1832 à 1848, et il y a écrit quelques unes de ses œuvres majeures et une grande partie des « Misérables ». La visite de l'appartement suit les trois grandes étapes de sa vie : avant, pendant et après l'exil à Guernesey, à travers la présentation de son mobilier, de divers souvenirs et des ses étonnantes décorations d'intérieur. Le premier étage est réservé aux expositions temporaires et présente ses dessins ainsi qu'une iconographie de son œuvre littéraire. Le musée organise des visites conférences dans l'appartement de Victor Hugo et des ateliers pour les plus jeunes (renseignement au secrétariat du musée). Une riche bibliothèque est ouverte au public sur rendez vous.
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| Un des meubles de la chambre reconstituée de Victor Hugo : le bureau sur lequel il écrivait debout. Copyright EF |
La Ville de Paris conserve les deux lieux où Victor Hugo (1802--1885) a séjourné le plus longtemps : l'hôtel de Rohan-Guéménée, place des Vosges à Paris (1832--1848), et Hauteville House, à Guernesay, (1856--1870) maison acquise avec le produit de la vente des Contemplations.
En 1832, Victor Hugo loue un appartement au second étage de cet hôtel particulier du XVIIe siècle qui donne sur ce qui est alors la place Royale. Âgé de trente ans, il est déjà reconnu comme chef de file du romantisme, est marié à Adèle Foucher et père de quatre enfants. Durant ce séjour, il écrit quelques-unes de ses oeuvres majeures : Ruys Blas, Les Voix intérieures, Les Rayons et les Ombres et entame la rédaction des Misérables, de La Légende des Siècles et des Contemplations.
Avec le salon chinois et la salle à manger --- et bien sûr Hauteville House --- le musée est le seul à présenter cet aspect méconnu du génie artistique de Victor Hugo, son talent de « décorateur ». Mais ses riches collections ne se limitent pas pas œuvres exposées dans l'appartement. Patrimoine exceptionnel, dessins du poète et dessins d'illustration de ses œuvres, peintures, photographies anciennes et contemporaines, livres et manuscrits, fonds documentaires et objets familiaux sont présentés lors des expositions temporaires au premier étage (...)
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Mythique, éternelle, magique, les qualificatifs ne manquent pas pour décrire Paris, dont la beauté ne ressemble à celle d'aucune autre ville. Mais dans un quartier de la capitale, ces adjectifs prennent d'ailleurs tout leur sens. Ce quartier, où bat le cœur historique de Paris, c'est celui du Paris Royal : le Jardin des Tuileries, la place Vendôme, le Palais Royal et la place de la Concorde concentrent quelques-uns des plus grands symboles de la France, connus et reconnus dans le monde entier. Un carrefour du luxe, de la gastronomie, de l'Histoire et des plus beaux palaces. Visite guidée du Paris Royal.J'ai été très surprise --- et déçue --- que la place des Vosges ne soit pas citée dans le reportage. Il m'a semblé que le contenu du film était très réducteur compte-tenu du titre très ambitieux. L'avez-vous vu ? Qu'en pensez-vous ?
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