"Quand j'étais enfant, le luxe, c'était pour moi les manteaux de fourrure, les robes longues et les villas au bord de mer. Plus tard, j'ai cru que c'était mener une vie d'intellectuel. Il me semble maintenant que c'est aussi de pouvoir vivre une passion pour un homme ou une femme." Annie Ernaux (in Passion Simple)

vendredi 25 avril 2014

Regarde les lumières mon amour
Annie Ernaux  
Coll. Raconter la vie  
Ed. Seuil
(suite)


Aujourd'hui, je reproduis une interview de Annie Ernaux parue dans A nous Paris de cette semaine.

Cliquer pour agrandir et lire...



mercredi 23 avril 2014

Regarde les lumières mon amour
Annie Ernaux
Coll. Raconter la vie
Ed. Seuil


Comme promis, je vous livre mon sentiment sur la lecture du journal qu'a tenu Annie Ernaux au cours de ses visites dans un centre commercial et ce, pendant un an. L'idée de départ m'a beaucoup plu, je voulais savoir ce qu'un écrivain souhaitait partager de cette expérience assez commune et en plus, j'aimais l'idée d'obtenir des informations sur ce centre que j'ai beaucoup fréquenté il y a des années...

L'ouvrage est assez court, et très récent, donc je ne me sens pas trop autorisée à recopier de longs extraits comme je le fais habituellement. Ce que l'auteure raconte de manière drôle ou cynique parfois, je l'ai aussi ressenti dans ce même centre commercial. C'était l'idée de la réponse que j'avais faite à Saravati il y a quelques jours : on se sent moins seul(e) ou désœuvré(e) au milieu d'un ensemble de personnes dans le même état. Dans Paris, je connais peu d'endroits comparables à ce lieu, mais j'ai reproduit cette sensation --- avec le même effet placebo --- dans une rue commerçante sans beaucoup de charme encombrée de passants et/ou acheteurs. En revanche, une balade dans un parc ou un grand espace vert le week-end ou pendant les vacances est à déconseiller : on obtiendrait l'effet inverse de celui recherché.

 Extrait p. 12
L'hypermarché comme grand rendez-vous humain, comme spectacle, je l'ai éprouvé à plusieurs reprises. La première fois, de façon aigüe, avec une vague honte. Pour écrire, je m'étais isolée hors saison dans un village de la Nièvre et je n'y arrivais pas. Aller « au Leclerc » à 5 km était un soulagement. Celui, en me mêlant à des inconnus, en « voyant du monde », de retrouver, justement, le monde. La présence nécessaire du monde. Découvrant par là, que j'étais pareille à tous ceux qui vont faire un tour au centre commercial pour se distraire ou échapper à la solitude.
Du coup, pour aller faire les vraies courses alimentaires, ce n'est pas l'endroit que je privilégierais... j'ai tenté une piqure de rappel ce samedi après-midi (celui précédent Pâques) dans un autre centre commercial (encore plus grand, j'en suis sure et surtout plus proche de Paris) et les palettes de chocolats à perte de vue et d'une hauteur gigantesque m'ont carrément rebutée. Le rayon suivant, avalanche de biscuits secs, semi-frais, en vrac, dans des boîtes en plastique translucide, m'a décidée à faire demi-tour sans rien acheter. D'autant que :

Extrait p. 55
Oeufs de Pâques à gogo. Déjà. J'avais oublié. Les grandes surfaces n'oublient rien. Les maillots de bain sont sans doute dans des caisses, prêts à être déballés, comme les cadeaux pour la fête des Mères. Les instances commerciales raccourcissent l'avenir et font tomber le passé de la semaine dernière aux oubliettes.

Et la cerise sur le gâteau ; extrait p. 58 :
Près du tiers des caisses sont maintenant automatiques, groupées par quatre ou six et ne nécessitant la présence que d'un employé chargé de la surveillance et du bon fonctionnement de la machine. Dans la journée, les caisses traditionnelles  sont deux fois moins nombreuses que celles-ci à fonctionner. La disparition des caissières avance.

En conclusion, j'ai adoré lire ce témoignage. J'y ai retrouvé ce que j'aime dans l'écriture de cette auteure, l'observation, le vécu, le partage, la vie simplement.

Pour aller plus loin, ma petite bibliographie personnelle (cliquer sur chaque couverture ou photo permet d'ouvrir le post concerné).













mercredi 16 avril 2014

Regarde les lumières mon amour
Annie Ernaux


Je l'ai commandé et en attendant impatiemment sa réception et sa lecture, je vous propose une amusante chronique de François Reynaert parue dans le Nouvel Obs de cette semaine « Mon hyper, ce héros » :

Paru dans Le Nouvel Observateur, du 10 au 16 avril 2014.

La vidéo d'un débat sur le sujet (cliquez ici), dont sont extraites les deux citations suivantes, excite encore plus mon intérêt...

«  Elle ne se contente pas de raconter ses courses au supermarché, c’est une nouvelle manière de réfléchir aux mécanismes de notre société de consommation, et au pouvoir exercé par la grande distribution sur nos vies (…) Annie Arnaux est imprégnée de sociologie, d’ethnologie, et c’est en ça que son écriture ne ressemble à aucune autre », considère Grégoire Leménager, du Nouvel Observateur-BibliObs.

« C’est peut-être intéressant pour un sociologue, mais pas pour un écrivain. Elle estime que comme elle est écrivain, tout ce qu’elle peut décrire a une valeur littéraire. Quel intérêt de restituer quelque chose que tout le monde vit ? C’est le degré zéro de l’écriture. », estime Jean-Christophe Buisson, du Figaro Magazine.

mardi 15 avril 2014

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Un, deux et trois
Hôtel de Rohan-Guéménée



Et voici le troisième et dernier musée littéraire de la ville de Paris ; après le musée romantique et la maison de Balzac, nous avons visité la maison de Victor-Hugo, située au numéro 6 de la Place des Vosges, dans le 4e arrondissement.

D'après le site officiel de l'Office du tourisme de Paris (ici) :
Située sur la prestigieuse place de Vosges, au cœur du quartier du Marais, la maison de Victor Hugo invite le visiteur à entrer dans l’intimité du célèbre écrivain français. Il a vécu au deuxième étage de cet hôtel particulier de 1832 à 1848, et il y a écrit quelques unes de ses œuvres majeures et une grande partie des « Misérables ». La visite de l'appartement suit les trois grandes étapes de sa vie : avant, pendant et après l'exil à Guernesey, à travers la présentation de son mobilier, de divers souvenirs et des ses étonnantes décorations d'intérieur. Le premier étage est réservé aux expositions temporaires et présente ses dessins ainsi qu'une iconographie de son œuvre littéraire. Le musée organise des visites conférences dans l'appartement de Victor Hugo et des ateliers pour les plus jeunes (renseignement au secrétariat du musée). Une riche bibliothèque est ouverte au public sur rendez vous.

Une visite de l'appartement est disponible ici (mais le texte, probablement scané est difficilement lisible).

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Un des meubles de la chambre reconstituée de Victor Hugo :
le bureau sur lequel il écrivait debout.
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Extraits des fascicules des Musées de la ville de Paris :
La Ville de Paris conserve les deux lieux où Victor Hugo (1802--1885) a séjourné le plus longtemps : l'hôtel de Rohan-Guéménée, place des Vosges à Paris (1832--1848), et Hauteville House, à Guernesay, (1856--1870) maison acquise avec le produit de la vente des Contemplations.

En 1832, Victor Hugo loue un appartement au second étage de cet hôtel particulier du XVIIe siècle qui donne sur ce qui est alors la place Royale. Âgé de trente ans, il est déjà reconnu comme chef de file du romantisme, est marié à Adèle Foucher et père de quatre enfants. Durant ce séjour, il écrit quelques-unes de ses oeuvres majeures : Ruys Blas, Les Voix intérieures, Les Rayons et les Ombres et entame la rédaction des Misérables, de La Légende des Siècles et des Contemplations.

Avec le salon chinois et la salle à manger --- et bien sûr Hauteville House --- le musée est le seul à présenter cet aspect méconnu du génie artistique de Victor Hugo, son talent de « décorateur ». Mais ses riches collections ne se limitent pas pas œuvres exposées dans l'appartement. Patrimoine exceptionnel, dessins du poète et dessins d'illustration de ses œuvres, peintures, photographies anciennes et contemporaines, livres et manuscrits, fonds documentaires et objets familiaux sont présentés lors des expositions temporaires au premier étage (...)

samedi 12 avril 2014

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Paris royal


J'ai regardé l'autre soir le documentaire diffusé par France 5 « dans les coulisses du Paris royal »

Résumé/vidéo sur le site officiel, ici :
Mythique, éternelle, magique, les qualificatifs ne manquent pas pour décrire Paris, dont la beauté ne ressemble à celle d'aucune autre ville. Mais dans un quartier de la capitale, ces adjectifs prennent d'ailleurs tout leur sens. Ce quartier, où bat le cœur historique de Paris, c'est celui du Paris Royal : le Jardin des Tuileries, la place Vendôme, le Palais Royal et la place de la Concorde concentrent quelques-uns des plus grands symboles de la France, connus et reconnus dans le monde entier. Un carrefour du luxe, de la gastronomie, de l'Histoire et des plus beaux palaces. Visite guidée du Paris Royal.
J'ai été très surprise --- et déçue --- que la place des Vosges ne soit pas citée dans le reportage. Il m'a semblé que le contenu du film était très réducteur compte-tenu du titre très ambitieux. L'avez-vous vu ? Qu'en pensez-vous ?

mercredi 9 avril 2014

Les 3 et 4e passages...


Voici deux très courts passages couverts parisiens découverts au cours de balades dans la ville.


Le passage Molière (du nom d'un de ses anciens théâtres) est situé dans le 3e arrondissement, dans le quartier des Halles. Ce lieu est inscrit aux Monuments Historiques (ISMH) depuis 1984. Il y abrite la maison de la poésie, pour visualiser un article très bien documenté sur ce lieu, cliquez ici !



Le passage du Perron, dans le 1er arrondissement, est situé à l'extrémité des jardins du Palais-Royal, du côté de la maison de Colette. Il abrite un magasin de jouets (célèbre pour ses beaux objets en bois) et une boutique spécialisée dans les boîtes à musique.


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jeudi 3 avril 2014

Balade dans Paris
Les Passages couverts
2e arrondissement


Que faire dans Paris ? Traverser un passage, oui mais lequel ? Je conseille ceux du 2e arrondissement, car ils sont assez proches les uns des autres (mais attention, nombreux sont fermés le samedi). N'ayant pas trouvé ce que je cherchais sur le Web (j'ai vu soit des photos, soit des horaires d'ouverture, mais aucune carte), j'ai décidé de composer mes propres articles avec images et localisations précises. Aujourd'hui, voici les deux premiers, typiques et pittoresques.


Le Passage de Bourg l'Abbé et le Passage du Grand-Cerf sont alignés et traversés par la rue de Saint-Denis.


Nous avons découvert le premier en venant du Bd Sébastopol, juste après le croisement avec la rue de Turbigo. L'entrée du Passage Bourg l'Abbé est peu lumineuse, le couloir est assez court, mais le lieu est charmant. Il est orné de deux belles horloges, les vitrines sont en boiseries, on y voit travailler des artisans.






Le second est le Passage du Grand Cerf qui conduit au quartier Montorgeuil. Il répond à tous les canons de beauté d'un passage : une très belle hauteur sous plafond, une riche verrière, une luminosité optimale, un remarquable carrelage du XIXe s. au sol et de belles vitrines, bref, très majestueux. Je le conseille aux amateurs de ces lieux couverts.





A suivre...