"Quand j'étais enfant, le luxe, c'était pour moi les manteaux de fourrure, les robes longues et les villas au bord de mer. Plus tard, j'ai cru que c'était mener une vie d'intellectuel. Il me semble maintenant que c'est aussi de pouvoir vivre une passion pour un homme ou une femme." Annie Ernaux (in Passion Simple)

jeudi 7 mars 2013

Artique
La Géode
Paris, Porte de la Villette



Le film Artique en ce moment à la Géode est à couper le souffle. Évidemment, les images projetées sur un écran de 180° aident beaucoup, les chansons de Paul Mc Cartney également (je n'ai pas reconnu la voix de Sophie Marceau, puisque je cherchais celle de Meryl Streep absente, mais pourtant indiquée dans le générique du début). J'ai dû passer outre le discours très moralisateur concernant le réchauffement climatique (une fois avant le film et plusieurs fois pendant) et me focaliser sur l'histoire : le quotidien d'une mère ourse et ses deux petits face à leur unique prédateur,  un ours mâle affamé.

Le film montre que l'ourse s'occupe seule, et de manière exclusive, de ses petits pendant plusieurs années : elle les nourrit, les protège et joue avec eux (la danse sous l'eau est magnifique et très élégante). Je me suis demandée ce que fabriquait l'ours mâle pendant tout ce temps...
Le pauvre animal arrive à la fin du film ; l'exemplaire présenté n'arrive même pas à trouver de quoi se nourrir lui-même, alors que pendant le même temps, la femelle vient de réussir à pécher un morse pour sa petite troupe. Le mâle, par l'odeur alléché, arrive en catimini (500 kg quand même, soit deux fois plus que la femelle), mais se fait repérer par l'ourse, bien avant les humains qui filmaient la scène. En effet la mère est sur ses gardes en permanence (y compris pendant les jeux et les repas) et surtout, a un odorat très développé ! Le trio s'échappe.
Une autre fois, toujours affamé, l'ours mâle retente un coup : désespéré de ne pas trouver de morse à se mettre sous la dent, il projette de se rabattre sur la seule autre nourriture envisageable pour lui : un ourson (n'oubliez pas, un des oursons que maman ourse a élevé toute seule !) Le mâle, très agile malgré son poids, engage une course poursuite (sur la banquise et dans l'eau). Quand il est prêt à les attraper, maman ourse se retourne, protégeant ainsi la retraite de ses petits qui s'éloignent seuls et se met à hurler, debout sur ses pattes arrière, en équilibre sur un tout petit îlot de glace, face au mâle : il comprend qu'elle se fera tuer pour protéger sa progéniture. Et ça marche ; il abandonne !

Je ne sais pas pourquoi, j'ai immanquablement pensé à France Télévision et sa semaine spéciale "En avant toutes : un homme sur deux est une femme" ! avec la mention "bien différents, bien ensemble".





10 commentaires:

  1. le mâle ignore-t-il que le morse est un moyen de communication obsolète ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. ;-)
      Je ne sais pas si cet exemplaire mâle était représentatif de son genre (et ces animaux semblent difficiles à filmer, l'ourse a même détruit des caméras téléguidées), mais, en effet, il m'a semblé un peu ballot !
      Pas prêt à se commander de quoi manger par Internet !

      Supprimer
    2. Mais tu sais bien que sans les gonzesses, la quasi totalité des gars ne mangeraient que des pizzas surgelées et des plats préparés à la viande de cheval ! :D

      Supprimer
    3. Cela me fait penser au sketch de Florence Foresti qui m'avait fait hurler de rire la première fois que je l'ai vu (avec les côtes de bœuf et les patates in "J'aime pas les garçons" !)

      Supprimer
  2. Très moralisateur jusqu'au bout, donc...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, du coup je ne sais pas à quel public cela s'adressait...
      Je pensais que c'était pour un jeune public, mais allez répondre à un enfant qui vous demande pourquoi l'ours souhaite manger ses rejetons alors que la mère les protège ?!

      Supprimer
  3. Le monde est constitué de prédateurs qui ressemblent à leurs proies.
    Pas brillant le rôle de l'ours devant ce combat du courage et de la lâcheté !
    Et dans un registre opposé, le très beau film "La marche de l'empereur" avec une solidarité familiale exemplaire et émouvante.
    Dans ce film aussi, les commentaires sont parfois superflus.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Vous avez tout à fait raison (c'est surement pour cela que cette drôle d'association s'est faire dans mon esprit...)
      Maintenant je dirais que c'est l'oursE blanchE mon animal préféré !

      Merci pour le souvenir de "La marche de l'empereur" qui m'avait beaucoup touchée (mais dans le bon sens, ce coup-ci !)

      Supprimer
  4. L'affiche de France Télévisions est bien débile...

    Je n'ai été qu'une fois à la Géode et j'avais été patraque pendant le film à cause de la sensation de vertige (images même sous les pieds) que l'installation donne.

    Si la grande ourse sait rabattre son caquet au mâle dominant, tant mieux !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, l'affiche est spéciale, et je ne l'ai pas retrouvée sur Internet cette semaine, j'ai dû la photographier dans un journal plus ancien. Je ne l'ai publiée ici que par pure provocation (au cas où je serais lue par des membres d'associations de personnes intéressées par l'escalade urbaine sur des grues. Et ça recommence ce week-end en Isère...)

      Supprimer