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Stefan Zweig
Éditions Belfond
(5e extrait)
p. 152 (...) Cette affection ou cet intérêt singuliers pour des êtres compromis m'ont d'ailleurs accompagné ma vie durant ; même dans les années où il aurait convenu de devenir plus exigeant dans le choix de mes relations, mes amis m'ont souvent blâmé de fréquenter des gens amoraux, peu sûrs et véritablement compromettants. Peut-être était-ce justement ce monde « solide », sage et rangé, d'où je venais, et le fait que je me sentais moi-même affecté jusqu'à un certain point du complexe de la « sécurité » qui me faisaient paraître attachants tous ceux qui se montraient prodigues et presque dédaigneux de leur vie, de leur temps, de leur argent, de leur santé, de leur bonne réputation, ces passionnés, ces monomanes de la pure et simple existence sans but. Peut-être remarque-t-on dans mes romans et mes nouvelles cette prédilection pour toutes les natures intenses et effrénées. A cela s'ajoutait la séduction de l'exotique, de l'étranger ; presque chacun d'entre eux apportait à ma curiosité avide un présent d'un monde ignoré.

Belle analyse de soi, de cette attirance pour ceux qui ne lui ressemblent pas : un point de vue de créateur curieux, ouvert, aux antipodes des conformistes qui cherchent surtout leurs quasi semblables.
RépondreSupprimerOui, analyse de soi par l'auteur et également partage des ressorts psychologiques avec nous, ses lecteurs.
SupprimerDécouvrir un autre monde reviendrait-il à découvrir un autre soi, libéré des contraintes cadenassantes de la morale, un peu à l'instar du Dr Jekyll ?
RépondreSupprimerC'est une très belle question, dont j'ignore la réponse...
SupprimerJe suis en chacun de vous. Quand j'agis, la morale est de se l'avouer clairement à soi-même et aux autres... de reconnaître les dégâts causés et de demander pardon aux victimes.
RépondreSupprimerMais ici, ce n'est absolument pas le propos de Zweig.
Merci pour votre passage, Mr. Hyde. Je dois avouer que votre pseudo et votre commentaire m'intriguent...
SupprimerIntrigue ? Policière... des individus peu scrupuleux, en recherche obsédante de visibilité, commettent un crime bien précis. Ensuite, avec une habilité perverse, ils créent de nouveaux mobiles et transforment l'acte odieux afin de se décharger de tout sentiment de culpabilité.
SupprimerVotre analyse sur les pervers est d'une logique imparable. Heureusement que la réciproque n'est pas vraie (tous les gens en grande recherche de visibilité ne sont pas des pervers).
Supprimer;-)
Oui, heureusement que les gens qui recherchent la visibilité ne sont pas tous pervers... malheureusement, parfois la reconnaissance est la seule manière de panser les plaies infligées par des imbéciles tordues.
SupprimerCette fois la réciproque est vraie ! Ne parlant que de ce que je connais, j'ai souvent évoqué le terme manipulateur au masculin, mais, malheureusement cette maladie (parce que c'en est une) touche indistinctement les hommes et les femmes. Mais quel que soit le mal qu'ils aient fait (ou qu'ils fassent encore), ici, je ne les insulte pas.
SupprimerEt en effet, la reconnaissance me semble un bon moyen de tourner la page.
Je crois que j'ai mal interprété vos propos : vous ne parlez pas des pervers narcissiques, n'est-ce pas ? (quoiqu'en un sens...)
SupprimerMes allusions à ceux qui escaladent les grues, ont dû vous chiffonner. Me trompe-je ? non, évidemment... sinon vous n'auriez pas été insultant en utilisant le genre féminin... dommage, votre pseudo était sympa !
Narcissiques, la plupart des pervers le sont, non ?
SupprimerIl y a des propos "civilisés" qui sont extrêmement insultants. Dépassons votre genre et remplaçons un ou une "imbécile" par "inapte"... l'insulte a ceci de bon, c'est qu'elle est claire et cela vaut pour tous les tordus du monde, ici ou ailleurs.
Un livre prometteur ?
RépondreSupprimerhttp://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20130222.OBS9801/vienne-a-la-belle-epoque-quand-les-juifs-inventent-la-modernite.html
Très beau lien, merci. L'article présente très bien, il donne envie d'en savoir plus !
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