"Quand j'étais enfant, le luxe, c'était pour moi les manteaux de fourrure, les robes longues et les villas au bord de mer. Plus tard, j'ai cru que c'était mener une vie d'intellectuel. Il me semble maintenant que c'est aussi de pouvoir vivre une passion pour un homme ou une femme." Annie Ernaux (in Passion Simple)

mardi 13 août 2013

Empruntée ici
où l'on retrouve des passages similaires...
Trois Maîtres
Stefan Zweig
Livre de Poche


Extrait pp. 105--106 (partie Dostoïevski)

(...) Dans le brouillard opaque des mauvais jours une silhouette de son cru se détache peu à peu ; sa première œuvre d'imagination prend forme, dans cet état de demi-sommeil, d'angoisse et d'extase ; ce sera son petit roman Pauvres Gens. Cette étude de l'âme humaine, ce chef-d’œuvre, il l'a écrit en 1844, à 24 ans, lui, le solitaire, avec le feu de la passion, presque avec des larmes. La plus profonde de ses humiliations, la pauvreté, l'a inspiré ; la plus puissante de ses forces, l'amour de ceux qui souffrent, la pitié infinie l'a soutenu. Ces pages couvertes de son écriture, il les regarde avec méfiance. Il devine qu'il est en train d'interroger sa destinée, il craint le verdict : à grand-peine il se décide à confier son manuscrit à l'examen du poète Nekrassov. Deux jours se passent sans réponse. Il reste chez lui, seul, plongé dans ses rêveries, il travaille jusqu'à ce que sa lampe fumeuse s'éteigne. A quatre heures du matin on tire violemment la sonnette. Étonné, Dostoïevski ouvre la porte ; c'est Nekrassov qui se précipite dans ses bras, l'embrasse tout transporté de joie. Un de ses amis et lui ont lu le manuscrit ensemble ; toute la nuit ils ont lu, ri et pleuré ; à la fin ils n'y ont plus tenu ; ils sont venus l'embrasser. C'est la première seconde de la vie de Dostoïevski, ce coup de sonnette la nuit qui l'appelle à la gloire. Puis Nekrassov se précipite chez Bielinski, le critique tout-puissant de la Russie. « Un nouveau Gogol est né », lui crie-t-il dès la porte, en brandissant le manuscrit comme un drapeau. « Chez vous les Gogols poussent comme des champignons », marmotte l'autre avec méfiance, agacé par tant d'enthousiasme. Mais le lendemain, quand Dostoïevski se rend chez lui, il le trouve transformé ; ému, le critique interpelle le jeune homme qui reste planté sur le seuil : « Avez-vous vraiment conscience de ce que vous avez fait là ? » Dostoïevski frémit d’épouvante et de joie ; sa gloire subite le fait frissonner. Comme dans un rêve il redescend l'escalier ; chancelant, il s'arrête au coin de la rue. Pour la première fois, sans oser y croire, il a la sensation que toutes ces choses obscures et dangereuses qui ont jailli de son cœur sont formidables, sont peut-être « la grande chose », ce rêve confus de son enfance, l'immortalité, la souffrance pour le monde tout entier. L'exaltation et la contrition, l'orgueil et l'humilité l'agitent tour à tour, sans qu'il sache quelle voix écouter ; il titube dans la rue comme un homme ivre ; bonheur et douleur se mêlent dans ses larmes.

dimanche 11 août 2013

André Le Nôtre
Exposition à Saint-Germain-en-Laye


Le Nôtre est intervenu dans la création des trois jardins du domaine de Saint-Germain-en-Laye : le grand parterre, le parterre en biais et le jardin de la Dauphine (cf. carte ci-dessous). Puis il a créé la grande terrasse, qui quant à elle, offre une vue panoramique sur tout l'Ouest parisien. La ville organise de nombreuses manifestations durant l'été (pour consulter le programme c'est ici).

Sur le site officiel de la ville (ici) :
André Le Nôtre a donné ses lettres de noblesse au jardin à la française et à une nouvelle manière de les concevoir. Il a dessiné les parterres de Saint-Germain-en-Laye, avec sa grande terrasse et sa perspective déviée. Colloques, conférences, visites, lectures en musique, spectacles, cycle « Paroles de jardiniers », expositions dont « Les Nouvelles folies françaises », dialogue entre patrimoine et création contemporaine porté par le MAN – Domaine national… Visionnaire, Le Nôtre étonne et fascine. Créateur de jardin, artisan de la métamorphose… cette programmation rend hommage à l’inventivité rare du « roi jardinier ».

Lien vers une biographie de Le Nôtre ici.

Le grand parterre

Copyright ici.

jeudi 8 août 2013

Pour lire l'article, cliquer puis zoomer ici
Auriez-vous aimé être volontaire pour l'étude de Mme Hill ?

Trouvé ici par hasard (p. 21), un article amusant dans lequel est évoquée une étude de la professeure Wendy Hill, datée de 2009  qui a recruté des volontaires pour mesurer, dans certaines conditions, leur niveau de cortisol... La suite dans la vidéo ci-dessous ou encore dans une expérimentation ici entre deux étudiants du Lafayette College d'Easton, où Mme Hill enseigne.


mardi 6 août 2013

Agora, le film

Pour la présentation c'est ici.
Ce péplum de 2009 est repassé à la télé récemment, je l'ai beaucoup apprécié, je le découvrais pour la première fois.

Résumé officiel  :
IVème siècle après Jésus-Christ. L'Egypte est sous domination romaine. A Alexandrie, la révolte des Chrétiens gronde. Réfugiée dans la grande Bibliothèque, désormais menacée par la colère des insurgés, la brillante astronome Hypatie tente de préserver les connaissances accumulées depuis des siècles, avec l'aide de ses disciples. Parmi eux, deux hommes se disputent l'amour d'Hypatie : Oreste et le jeune esclave Davus, déchiré entre ses sentiments et la perspective d'être affranchi s'il accepte de rejoindre les Chrétiens, de plus en plus puissants... 
Une critique parue sur Première (Gael Golhen, ici) :
Fresque postmoderniste gonflée, Agora convoque des références écrasantes (Kubrick, Anthony Mann, Ben-Hur), propose une réflexion substantielle sur la liberté de pensée et emballe le tout dans une histoire pleine de bruit, de discours et de fureur. Plus dense et plus puissant que n’importe quel drame en costume vu récemment, le film s’interroge sur l’opposition entre raison et sentiments, savoir et intolérance, religion et pyrrhonisme. Certes, le drame intime n’est pas toujours à la hauteur du moment historique. L’essentiel reste qu’à travers cette page d’histoire, le film, lyrique, viscéral, ne parle finalement que du monde contemporain en racontant comment une civilisation stable et raffinée se meurt, rongée par le fanatisme.

dimanche 4 août 2013

Informations sur le spectacle, ici.
André Le Nôtre
au château de Maintenon

Pour continuer notre cheminement autour du quatre centième anniversaire de Le Nôtre (tiens, à propos, je n'ai pas du tout aimé la récente émission télévisée sur le sujet se déroulant à Versailles, replay de ce divertissement disponible ici), le château de Maintenon (en Eure-et-Loir) présente un spectacle nocturne cet été.

Diaporama officiel sur les jardins, ici.

Extrait de l'article paru dans Direct Matin du jeudi 11 juillet :
 Pour une immersion totale au temps de Louis XIV, les visiteurs pourront découvrir dès 21 heures les jardins « recréés » dans l'esprit du jardinier Le Nôtre en compagnie de comédiens.

Copyright : le site officiel (ici)

vendredi 2 août 2013

Quelques essais photographiques le soir après l'orage avec ou sans flash ou en pleine journée avec ou sans nuages...


 
 

 
  
  




 
 

 



mercredi 31 juillet 2013

Stefan Zweig
Telerama
19 avril 2013

Un autre article, paru il y a quelques mois déjà, que m'a communiqué Dominique (cliquer sur les images pour rendre les textes lisibles).