"Quand j'étais enfant, le luxe, c'était pour moi les manteaux de fourrure, les robes longues et les villas au bord de mer. Plus tard, j'ai cru que c'était mener une vie d'intellectuel. Il me semble maintenant que c'est aussi de pouvoir vivre une passion pour un homme ou une femme." Annie Ernaux (in Passion Simple)

jeudi 3 janvier 2013

Le chandelier enterré
Stefan Zweig
Les cahiers rouges
Éditions Grasset


Quatrième de couverture :

Ce recueil de nouvelles permet d'appréhender le talent complexe de Stefan Zweig : on y trouve à la fois le conteur, l'historien et le penseur. Ces trois récits exhalent la même inspiration mystique, qu'ils soient tirés de la tradition juive ou de la légende des Indes mystérieuses. Les préoccupations humanistes du grand écrivain autrichien sont au cœur de ces contes, sans rien ôter de leur merveilleux ni de leur séduction.


Une consultation partielle ici.


Extrait, p. 65--66   :

Benjamin ne comprenait pas les paroles qu'il entendait. Mais il ressentait jusqu'au fond du cœur la souffrance des autres et il devinait qu'il se commettait là une injustice. Une colère enfantine s'empara de lui. Sans savoir ce qu'il faisait, il se libéra de l'étreinte du rabbin et s'élança à la poursuite du noir qui s'engageait précisément sur la passerelle en chancelant sous sa pesante charge. Non, il ne fallait pas que cet étranger emportât le chandelier ! Sans réfléchir, il se rua sur le colosse pour lui arracher sa proie.
L’esclave, lourdement chargé, vacilla sous ce choc inattendu. Ce n'était qu'un enfant qui s'accrochait à lui, certes, mais comme il avait déjà de la peine à garder son équilibre sur cette planche étroite et oscillante il bascula dans le vide et tomba en entraînant Benjamin avec lui. En même temps le candélabre lui échappa et s'abattit pesamment sur le bras du jeune assaillant qui éprouva une douleur atroce (...)

***

Ma petite bibliographie personnelle (cliquer sur chaque couverture permet d'ouvrir le post concerné).

















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