"Quand j'étais enfant, le luxe, c'était pour moi les manteaux de fourrure, les robes longues et les villas au bord de mer. Plus tard, j'ai cru que c'était mener une vie d'intellectuel. Il me semble maintenant que c'est aussi de pouvoir vivre une passion pour un homme ou une femme." Annie Ernaux (in Passion Simple)

samedi 3 novembre 2012

Savez-vous qu'il existe des aubes 
Éditorial de Ouest France
Jeudi 1er novembre 2012


J'ai été très touchée par l'article reproduit ci-dessous concernant la Toussaint. J'ai voulu en savoir plus sur le poète dont parle la journaliste et qui serait à l'origine de la question "savez-vous s'il existe des aubes ?"

La citation la plus proche que j'aie trouvée sur le Web émane de Jean Sulivan (ici) :
Je vous invite donc à ne partir que pour mieux rentrer en vous-mêmes. Et même si vous ne partez pas, il est possible de retrouver votre « terre intérieure ». Qui que vous soyez, quelle que soit votre peine ou votre solitude, il y a des instants heureux pour vous : des chemins, des ruisseaux, des quartiers de votre ville, la mer qui invite à la sérénité, la montagne qui dit : redresse-toi. Laissez quelque temps votre voiture au garage, marchez à pied seul, hors de vos horaires habituels.
Savez-vous qu'il y a des aubes ? Avez-vous jamais marché à l'aube le long de la mer, dans une forêt ! Vous êtes seul, vous pouvez revenir à l'essentiel, vous interroger sur la vie que vous menez. C'est le premier matin du monde. Il y a une parole pour vous qui se parle au-dedans, immémoriale... Ne parlez à personne de votre escapade et de la surprise heureuse qu'elle vous a réservée. Il y aurait trop de monde dehors à l'aube !
Jean Sulivan
« Parole du Passant »


Pour en savoir plus sur Jean Sulivan, c'est ici. Extrait :
Avant ces vingt années de création littéraire et spirituelle, poétique, Sulivan, l’abbé Joseph Lemarchand, s’était déjà aventuré aussi loin qu’il l’avait pu, et cela de l’intérieur même de l’institution dont il était membre, vers la rencontre de l’autre, l’étranger, l’inconnu. La culture, le cinéma, la littérature, la psychanalyse… la rencontre réelle avec des êtres de chair et de sang… L’amour… Tout cela avait constitué pour lui une terre où s’élancer. L’abbé Lemarchand était déjà un prêtre qui côtoyait les abîmes. Il fourbissait les armes de son combat. Passeur de frontières. Prêt à bondir, il cherchait l’issue. Il tutoyait l’impossible. La moto, la vitesse, lui faisaient frôler les limites de la vie de la mort, l’instant-l’éternité… La montagne, comme s’il y cherchait un lieu où guérir, incroyablement mêlée chez lui à la nostalgie d’un amour pur, déchiré, plus haut, plus lumineux que les glaciers, ainsi qu’il l’évoque dans son tout premier roman, Le voyage intérieur...  La fréquentation de Nietzsche, le poète philosophe de la danse et de l’instant : autant d’expériences limites déjà où renaître, éprouver au-dedans de soi la force d’un printemps.



4 commentaires:

  1. Cela m'a fait penser quand j'ai fait ma première communion ("solennelle") à Vesoul : on portait une "aube" blanche avec une croix de bois autour du cou et on tenait un missel à la main.

    Le mot "aube" était vraiment à double signification.

    La récompense la plus appréciée - une auréole autour du poignet - était quand même la première montre (de marque Lip).

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    1. A chaque fois que j'écris ce mot, je dois m'interroger : est-ce aube ou aude que je veux ?

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