Film de Dino Risi, 1975
Avec Vittorio Gassman
Je n'avais pas particulièrement envie de regarder ce film là, surtout après avoir perçu très vite la personnalité du personnage principal. Mais j'ai été captivée par le rôle et l'interprétation de Vittorio Gassman. Je voulais voir le déroulement de toute l'histoire, constater si le réalisateur (et/ou l'auteur du roman) sauvait ou non son acteur.
Présentation trouvée sur le site Comme au cinéma :
Dans un climat renfermé, discret et secret, Dino Risi y dresse le portrait étonnant d’un homme blessé et vaincu moralement, qui ne trouve plus de sens à sa vie qu’en exerçant une domination perverse sur un inférieur sans défense. Il y aurait bien les femmes pour le ramener à un comportement plus humain, mais il craint que leur amour ne soit dicté par la pitié. Ce qui l’intéresse le plus, ce qui l’excite encore, c’est de pouvoir rire de tout, de lui-même comme des autres, un rire amer, désespéré, un rire qui se moque du malheur, comme si c’était la seule façon de supporter le fardeau de son existence.
Suivant ainsi sa méthode qui consiste à traiter de manière comique des sujets tristes et à rendre attachants des personnages authentiquement antipathiques, Dino Risi confie à Vittorio Gassman, avec qui il tourne là pour la onzième fois, un rôle d’aveugle individualiste, agressif, cynique et coureur de jupons invétéré qui identifie les femmes à leur parfum par la grâce d’un odorat jamais pris en défaut, au cours d’aventures à rebondissements aussi nombreuses que variées.
Adapté d’un ouvrage de Giovanni Arpino, Il Buio e il miele (L’obscurité et le miel), il aura fallu, en France, attendre sa traduction en 2005 pour découvrir ce roman, sans aucun doute un des livres majeurs de la littérature italienne du XXe siècle.
Une autre analyse, ici :
Le titre du film – qui peut faire songer à l’air « Odor di femmina » du Don Giovanni de Mozart, devenu emblématique du donjuanisme – fait référence au fait que Fausto identifie à l’odorat non seulement la présence des femmes, mais aussi leur couleur de cheveux et leur allure générale. Titre fabuleux, qui dit bien ce rapport à l’évanescent et à l’insaisissable – cette labilité des choses et des êtres qui nous entourent ; rapport mélancolique et brumeux à un monde auquel celui qui ne voit plus ne peut plus vraiment croire. Mort des images, mort des illusions : Parfum de femme est aussi et surtout un grand film du désenchantement. Et du désir inavoué, et sans cesse dissimulé à soi-même et aux autres, de se raccrocher à des certitudes et des sentiments dont on connaît pourtant la fragilité.

Un grand film que je n'ai pas revu depuis longtemps (ni pu revoir récemment).
RépondreSupprimerA-t-on l'équivalent en France ? Oui, peut-être avec le Truffaut "L'homme qui aimait les femmes"...