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| © Ad Vitam |
Film de Pascale Ferran
Ce film, réalisé en 2006, est repassé dimanche soir à la télé. Et sur le site allocine, j'ai retrouvé quelques photos et deux extraits qu'il me plait de partager avec vous. Je suis sûre (et espère bien) que cette évocation va évoquer en vous quelques images...
Petits arrangements avec l'amour
Pascale Ferran livre son point de vue sur l'ouvrage de D.H. Lawrence et précise ses intentions : "C'est
clairement une domination croisée. Une domination sociale et une
domination homme/femme ; chacun des deux protagonistes étant à la fois
dominant sur un terrain et dominé sur l'autre (...) il y a spontanément
deux grands axes de travail assez distincts. Le premier est de
considérer que ce thème-là : l'amour plus fort que toutes les barrières
sociales, reste le centre du livre. Et, dans ce cas, pour restituer
quelque chose du scandale de l'époque, il faut effectuer une
transposition. Ça peut donner Loin du paradis de Todd Haynes
, par exemple. L'autre, qui est mon hypothèse de départ, est de penser
que le centre est plutôt à chercher du côté de la naissance d'un couple.
De l'amour comme possibilité d'accès à une vérité intime. Comment, à
partir de l'attraction de deux corps que tout oppose, un processus peut
se mettre en place. Et comment ce processus d'amour ne fait qu'un avec
l'apprentissage des différences de pensées - quelles que soient
celles-ci -, l'apprentissage d'une langue commune, l'invention d'une
forme de confiance, l'acceptation d'un abandon à l'autre, etc."
Venus et fleurs
Pascale Ferran parle de la scène au cours de laquelle les deux amants décorent leurs corps de fleurs : "Moi,
quand je la lis, je la trouve sublime. Je pourrais me damner pour la
filmer. Des corps et des fleurs. J'ai l'impression que l'intégralité de
mes enjeux intimes d'adapter le livre sont réunis là (...) Il y a la
situation d'abord : comment, à un moment précis, former un couple, c'est
aussi le plaisir d'être idiots ensemble. Et puis il y a la question de
l'inversion entre le fond et la figure. La façon dont les corps des
personnages deviennent le paysage et les fleurs, la figure. C'est aussi
le moment où Constance, après avoir abandonné la passivité sur le
terrain sexuel, accepte de nouveau, mais de façon active cette fois ci,
d'être passive entre les mains de Parkin. Jusque-là, on peut parfois
avoir l'impression que c'est elle qui invente l'homme de ses désirs et, à
ce moment-là précis, c'est lui qui l'invente elle. En la modelant.
Comme une sculpture ou un tableau. Voilà, c'est deux corps, une caméra,
quelques fleurs, et la cristallisation de tout un film."


Beau film (pas pu le revoir à la télé dimanche) qui ose montrer une certaine force allant au-delà de l'aspect "mièvre" que certaines scènes "fleuries" pourraient cantonner faussement dans un aspect "convenable".
RépondreSupprimerMais, voyez-vous, j'ai à dessein choisi deux photos "convenables" et deux jolis extraits d'interview : ainsi nous avons tous le libre choix de laisser, ou non, vagabonder notre imagination ;-)
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