"Quand j'étais enfant, le luxe, c'était pour moi les manteaux de fourrure, les robes longues et les villas au bord de mer. Plus tard, j'ai cru que c'était mener une vie d'intellectuel. Il me semble maintenant que c'est aussi de pouvoir vivre une passion pour un homme ou une femme." Annie Ernaux (in Passion Simple)

dimanche 12 août 2012

"L'art d'aimer.
De la séduction à la volupté"
Dominique Marny,  
Raphaële Martin-Pigalle,  
Robert Rocca 
Éditions Textuel


Envie d'un petit tour à Evian ? Ceci est le catalogue de l'exposition qui se tient en ce moment au Palais Lumière de la ville d'Evian.

Suite à la lecture de cette présentation (ici) j'ai commandé ce beau livre. Nul doute que je reviendrai plusieurs fois sur cet ouvrage, et recopierai quelques extraits choisis. Les illustrations sont très belles (la première est "Le baiser" de Rodin) et les textes remarquables également (dès le début quelques vers d'Ovide et son "Art d'aimer" sont cités).


"Le baiser", Gabriel Marchand, vers 1755

Aujourd'hui, je partage l'avant-propos rédigé par les trois auteurs :

Lorsque nous avons choisi la représentation du sentiment amoureux comme thématique d'exposition, nous savions que nous nous lancions dans une aventure audacieuse. Certains nous ont mis en garde : "C'est un beau sujet, mais ambitieux." En dépit de la difficulté, nous n'avons eu aucun mal à convaincre Denis Écuyer, adjoint à la culture chargé des expositions. Sans hésiter, il nous a assuré que le Palais de Lumière accueillerait "L'Art d'aimer".

Des origines à nos jours, l'amour s'est manifesté de différentes façons. Au Moyen-Âge, le troubadour "brûle" pour sa dame, alors que le siècle des Lumières impose le cynisme et le libertinage. Avec le romantisme, le sentiment atteint son paroxysme. Au XXe siècle, il gagne en liberté... Ses nuances et ses rites ayant inspiré quantité d'artistes, bénéficié de nombreux supports, la rigueur fut notre priorité. Face à la richesses des propositions, nous avons donné la priorité au dessin, à la peinture, à la correspondance, à la photographie et au cinéma. Avec regret, nous n'avons pas abordé la sculpture, sinon pour favoriser l'emblématique Baiser de Rodin. Dans cette quête exigeante, plus de trois cent cinquante œuvres ont satisfait notre désir de surprendre. Grâce à l'accueil enthousiaste des directeurs, conservateurs de musées, collectionneurs, galeristes, nous n'avons jamais perdu de vue notre priorité : partager le plaisir de nos découvertes avec les visiteurs, les amuser, les émouvoir. Au cœur de cette promenade en "pays de Séduction et de Volupté", nous espérons qu'ils feront leur la phrase de Philip Roth : "L'amour, la seule obsession que tout le monde désire."

Plus d'informations ici (plaquette au format PDF).

2 commentaires:

  1. aimer... même dans le sommeil qui en devient un soleil...

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    1. [pp. 25 et 29 de l'ouvrage ci-dessus]

      Le Cantique des cantiques

      La bien-aimée avoue être malade d'amour
      "Sur ma couche, la nuit, j'ai cherché
      Celui que mon cœur aime
      Je l'ai cherché, mais ne l'ai point trouvé."
      Et lui de rétorquer :
      "Tu me fais perdre les sens,
      Par un seul de tes regards
      Par une seule perle de ton collier."

      (...) Nulle évocation, nulle métaphore, ne semble taboue dans cet élan des cœurs et des corps. Âpreté de l'absence, fièvre des retrouvailles. Tout est dit sans détours et sans artifices. Cette quête poussera Marc Chagall à interpréter en cinq tableaux le texte et mélanger son univers à un Orient imaginaire (1955-1966).

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