"Amour, Prozac et autres curiosités"
Lucia Etxebarria
Je n'ai pas trouvé beaucoup d'avis sur ce roman, sur Internet. Il faut dire que le texte est assez brutal, et qu'il a été plus ou moins bien apprécié (cf. ce blog).
Il n'y a que l'introduction du roman que j'ai trouvée vraiment amusante (je la reproduis là, censurée juste d'une phrase...) La conclusion (bien que poignante) m'a laissée sur ma faim, vu que je l'avais devinée depuis longtemps.
Début du roman
Tu vivras de nombreuses passions, disait ma carte astrale, me plaçant
sous l'ascendant d'amours intenses et fugaces. Un rosaire de noms reliés
par des baisers, certains sobres, d'autres plus tendres. Ils sont plus
ou moins grands, châtains ou bruns, il y en a de toutes sortes. (...)
Certaines s'affirment, hautes, orgueilleuses. Fermes et obstinées,
dressées comme des mâts. Puissantes et astucieuses, sûres d'elles, bonne
raisonneuses, mûres, décidées, elles envahissent tout. Elles entrent,
s'approprient les lieux et, une fois introduites, solidement encastrées,
elles savent qu'elles sont à leur place, connaissent leur rôle. Elles
entrent, sortent, s'émeuvent, accélèrent le mouvement, conscientes de
leur empire. Empires d'une nuit, monarchies d'un baiser.
Il en est d'autres plus petites, inquiètes et espiègles. Turbulentes,
curieuses, elles ne manquent jamais d'espace pour jouer, chercher et se
perdre. Douces exploratrices, elles vous échappent parfois, glissantes
comme des couleuvres, comme le savon dans la baignoire. Elles patinent,
surprises, sur les cuisses mouillées, et repartent à l'escalade,
anxieuses et impatientes, bondissant avec vivacité, vers le refuge
humide et chaud qui les attend, elles le savent. Petits poissons qui
sautent dans votre courant interne, heureux et trempés, peu importe
comment et où. Jeunes d'esprit, c'est tout juste si elles se prennent
elles-mêmes au sérieux.
Tu pourras les aimer beaucoup sans jamais les posséder. Elles pourront
t'aimer encore plus sans que tu ne leur appartiennes jamais. Farouches
et rieuses, fugaces, bruyantes, elles n'auront laissé ni sillage ni
empreintes derrière elles. A peine le souvenir, flou et nostalgique, des
heures heureuses, les seules qui comptent, celles qui ont été
véritablement vécues.

Je ne dirai pas "amusante introduction", on pourrait mal le prendre.
RépondreSupprimer:D
D'où mon intertitre "début du roman" un peu bateau...
Supprimer(En plus, tu l'as déjà dit. Rhô, il est tard, scusi.)
RépondreSupprimerPas grave, du coup c'est encore plus drôle ;-)
SupprimerMerci pour ton commentaire, nous avons été au-moins deux à sourire à cette lecture !
La langue française est décidément pleine de ressources.
RépondreSupprimerOui, l'auteure joue bien avec les mots...
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