"Quand j'étais enfant, le luxe, c'était pour moi les manteaux de fourrure, les robes longues et les villas au bord de mer. Plus tard, j'ai cru que c'était mener une vie d'intellectuel. Il me semble maintenant que c'est aussi de pouvoir vivre une passion pour un homme ou une femme." Annie Ernaux (in Passion Simple)

mercredi 26 septembre 2012

"Sociologie du dragueur"
Alain Soral


J'avais acheté ce livre il y a plusieurs années et viens de le feuilleter à nouveau pour vous le présenter. Les extraits que j'ai pris au hasard me laissent sans voix et la quatrième de couverture me semble, pour le moins, décalée face au contenu. Heureusement que je n'attendais pas ce livre pour obtenir des réponses, et surtout pas aux deux questions de la fin de la quatrième de couverture... En me baladant sur le Web, j'ai pu constater que l'ouvrage avait reçu un accueil plutôt mitigé (ici, entre autres). Me voilà rassurée !

A l'époque, je ne connaissais pas non plus la biographie de l'auteur...


Note de l'éditeur

Il paraît difficile d'écrire un livre sérieux sur une pratique jugée immorale, minable et très éloignée de la pensée : la drague. Pourtant l'auteur n'hésite pas à analyser ce sujet à risques ; à étudier l'amour et la femme à travers les yeux du dragueur.
Pourquoi, quand et comment drague-t-on ? Tous ces aspects de la drague sont abordés dans ce livre.
Refusant l'apologie de la femme des discours officiels et la misogynie, Alain Soral mêle pensée et concret, désir et technique pour pénétrer le mystère de la femme réelle ; cette inconnue que le "serial lover" traque sans relâche dans la rue.

Dans un style clair et concis maniant intelligence, subversion et humour, il porte un regard lucide sur une pratique sociale qui, à travers la femme, embrasse une société toute entière.
D'où une critique acerbe du féminisme quand il veut ériger la femme en mouvement politique.
Critique qui vaut aussi pour la social-démocratie qui nous harcèle de femmes, et feint d’encenser la féminité pour nous pousser à la consommation.
Mais Sociologie du dragueur c'est d'abord la réponse à deux questions essentielles : l'Amour, et comment faire pour l'obtenir ?


Extrait

Chapitre 6 : Le féminisme ou la femme et le monde de ce point de vue

p. 184-185 L'écriture de femme ou la psychologisation du vide
Le romain contemporain exprimant une vision de plus en plus féminisée de la conscience et des relations humaines, il était fatal que les femmes qui écrivent s'y taillent une part grandissante.
Pratique compensatoire née le plus souvent d'une pathologie affective et de l'oisiveté, l'écriture de femme exprime d'une façon remarquablement unitaire cette vision de flippée, à la fois pathétique et frivole, où une bourgeoise sans enfant ni travail nous fait part de son sentiment légitime d'inutilité et de vide intérieur. Psychologisme tactile et tourmenté, où le refus de se faire remplir se prolonge de son attente comblée par les mots pour constituer un style ; abus sensitif du "je-ne-sais-pas", du "peut-être" et de l'"à-quoi-bon" voulant se faire passer pour l'expression concise d'une vision complexe du monde, alors qu'il n'est que le stigmate de son indigence même.
Écriture du vide qui atteint son sommet dans les romans de Marguerite Duras, dont le style dépouillé à l'extrême exprime on ne peut mieux ce que voit la femme écrivain et ce qu'elle comprend ; à vrai dire pas grand chose.

***

Je vous fais grâce des deux notes en bas de page qui annotaient le texte ci-dessus, qui rendaient le discours encore plus odieux.

3 commentaires:

  1. Le lien "ici" renvoie à un petit article qui encense cet opuscule...

    Mais quand on connaît (de réputation) l'auteur, qui a surtout "dragué" du côté du Front national et de l'antisémitisme, on ne peut que s'abstenir de jeter un œil (en gardant un bandeau sur l'autre) à ce livre, même en le prenant avec des pincettes.

    Un "dragueur" (comme un gros bateau au cul plombé) qui est, en plus, antiféministe : il a bonne mine !

    Marguerite Duras (qui fit de la résistance, pas seulement durant l'Occupation) le regarde sans doute avec le mépris que sa bave mérite.

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    1. En effet, le petit article cité est élogieux, mais pas l'ensemble des commentaires qui le suivent. Et certains m'ont semblé savoureux à lire.

      J'ai eu du mal à trouver un extrait que je pouvais recopier ici, parce qu'à chaque fois je me demandais si le texte n'était pas de l'ironie et du cynisme pur. Malheureusement, je crains que tout ne soit à prendre qu'au premier degré.

      J'adore votre dernière phrase !

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