"Ma mère"
Georges Bataille
Éditions 10/18
Les avis sur le Web concernant ce roman étant extrêmement divisés, je n'en citerai pas ; en revanche j'ai trouvée très instructive une émission radio sur France culture "Bataille ou l'expérience limite" (durée 50mn).
Je mets également un lien vers le film.
4e de couverture
Pierre raconte comment, après une enfance religieuse, il fut, à l'âge de dix-sept ans, initié à la perversion par sa mère.
Plongeant grâce à elle dans l'orgie et la débauche, il découvre l'extase de la perdition où se mêlent l'angoisse, la honte, la jouissance, le dégoût et le respect. Respect pour cette femme, la mère qui a su brûler ses vaisseaux jusqu'au dernier et qui, ayant touché le fond de l'abîme, entraîne son fils dans la mort qu'elle se donne. Ma mère est l'un des textes les plus violents, les plus scandaleusement beaux de Georges Bataille, qui disait de lui-même : "Je ne suis pas un philosophe, mais peut-être un saint, peut-être un fou", sachant que c'est dans cette ambiguïté même que réside la seule philosophie.
Illustration de première page : Hans Bellmer, sans titre, 1960 (détail)
Extrait
p. 78-79 Ce qui dans mes amours avec ma mère est le plus obscur est l'équivoque qu'y introduisirent un nombre d'épisodes risqués, d'accord avec le libertinage, qui fut toute la vie de ma mère, et qui s'empara peu à peu de toute la mienne. Il est vrai qu'à deux reprises au moins nous avons laissé le délire nous lier plus profondément, et d'une manière plus indéfendable que l'union charnelle n'aurait pu le faire. Nous en eûmes conscience ma mère et moi, et même dans l'effort surhumain que d'accord nous avons dû faire afin d'éviter le pire, nous avons reconnu en riant le détour qui nous permit d'aller plus loin et d'atteindre l'inaccessible. Mais nous n'aurions pas supporté de faire ce que font les amants. Jamais l'assouvissement ne nous retira l'un de l'autre comme le fait la béatitude du sommeil.

Bellmer a illustré Bataille et d'autres. Ici son nom s'imposait particulièrement.
RépondreSupprimerEn fait, je me suis interrogée sur cette couverture : est-ce qu'une image différente aurait eu plus de poids ? J'ai découvert Hans Bellmer à cette occasion, et j'avoue que j'ai eu beaucoup de mal à regarder ses œuvres autour de la poupée (même sur écran)...
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