Marie Sizun
Suite à la lecture de cet article sur le blog Textes & Prétextes, j'ai eu envie de parcourir l'ensemble de ce roman. Très attirée par tous les types de correspondances, je souhaitais découvrir cette sorte de journal intime écrit par une femme à l'attention d'un seul et unique homme. Un ensemble de pensées, évoluant sur un temps très bref, et s'enroulant autour de l'absence et l'attente...
En exergue du roman, une citation de Christian Bobin (in Lettres d'or) :
C'est une chose étrange que l'absence. Elle contient tout autant d'infini que la présence. J'ai appris cela dans l'attente.
Quatrième de couverture :
Un peu perdue sur une plage bretonne, une femme attend l'homme qu'elle aime. Il a promis de la rejoindre à la fin de la semaine, pour huit jours ensemble. Il est marié. Dans l'impatience heureuse, puis l'anxiété de cette attente, elle trompe sa solitude en regardant autour d'elle tous ces gens en vacances... Images et voix diverses qui font remonter en elle des souvenirs tantôt proches, tantôt lointains, qui, bientôt, lui parlent étrangement.
Qu'il vienne ou non, cet homme attendu, elle ne sera plus jamais la même.
Avec un art qui lui est propre, Marie Sizun dresse le portrait tout en nuances d'une femme d'aujourd'hui. Avec finesse, elle explore l'intimité des êtres dans leurs moments de doutes et de passion.
p. 88 (...) Des gens, à ma droite, parlaient avec animation, mais je ne les écoutais pas. Il y avait dans l'air je ne sais quoi de changé, de doucement corrompu.
Pour la première fois depuis que je suis là, c'est idiot, j'ai eu envie de pleurer. Une enfantine envie de pleurer.
p. 161 (...) A la fenêtre un ciel pluvieux, blanchâtre, fermé.
Où es-tu ? J'ai l'impression étrange que tu n'es pas réel. Que tu ne l'as peut-être jamais été. Que j'ai tout rêvé. Cette pauvre fille, cette bibliothécaire, tellement imaginative : trop de lectures, trop de rêves ! Ne m'as-tu pas dit un jour, gentiment, que j'avais un petit côté Bovary attendrissant ?
Pourtant, elle est bien réelle, cette douleur sourde en moi, ce poids étrange, dans la gorge, qui empêche de respirer.
Et la souffrance d'Emma n'était pas imaginaire.

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