Yoko Ogawa
"Amours en marge"
Un joli article ici (mais attention, il raconte beaucoup...) ou celui-ci beaucoup plus sensuel.
C'est
un ouvrage que j'ai emprunté à la bibliothèque, la lectrice précédente
y avait oublié une carte postale dont elle était destinatrice. Je ne
m'en suis rendue compte qu'en arrivant sur la dite page.
L'expéditeur/trice (parce que l'écriture est quasi illisible) a signé
love...
p. 65
--- Salon jasmin, c'est un joli nom, je trouve.
--- Le marquis y cultivait ses jasmins autrefois. Vous avez déjà vu du jasmin ?
J'ai secoué la tête.
--- ça ressemble un peu aux belles-de-nuit. Avec des grappes de fleurs blanches en forme de trompe.
Avec son index et son pouce, il me dessina une forme sur la nappe.
---
La particularité du jasmin n'est pas dans ses fleurs ni dans ses
feuilles, mais dans son parfum. Et en plus, pas dans la senteur
elle-même, mais dans la manière dont il sent.
--- La manière dont il sent ?
---
Oui. On ne peut le sentir que chaque soir à une heure déterminée. En
général à partir de huit heures et pendant à peine une heure. On peut
toujours avoir envie de le sentir dans la journée, c'est impossible.
---
Il y a les belles-de-nuit qui ne sont odoriférantes que la nuit, les
belles-de-lune qui ne fleurissent que les nuits de pleine lune, c'est
mystérieux que les odeurs sachent l'heure, n'est-ce pas ? ai-je
remarqué.
p. 132
Je réfléchis de temps en temps
au nom que je pourrais donner à ce travail que nous faisons tous les
deux. Mais cela ne marche jamais. J'ai l'impression que le mot même de
travail est inapproprié. Ce n'est pas suffisamment sérieux pour être
qualifié d'acte, ni amusant au point d'être un jeu. Habitude, service,
cérémonie, fraternisation, contact, caresse... J'essaye tous les mots
qui me viennent à l'esprit, mais rien ne me convient parfaitement.
C'est pourquoi il nous est difficile d'en parler tous les deux.
--- Aujourd'hui, c'était poétique, encore mieux que les autres fois.
--- Merci. Mais j'ai fait comme d'habitude.
C'est à peu près de cette manière que nous éludons la question.
J'aime le sourire timide qu'il esquisse à ce moment là.

Très beau titre de blog !
RépondreSupprimerMerci pour ce premier commentaire encourageant ;-)
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