"Quand j'étais enfant, le luxe, c'était pour moi les manteaux de fourrure, les robes longues et les villas au bord de mer. Plus tard, j'ai cru que c'était mener une vie d'intellectuel. Il me semble maintenant que c'est aussi de pouvoir vivre une passion pour un homme ou une femme." Annie Ernaux (in Passion Simple)

samedi 21 juillet 2012

"Et si..." 
Allison Winn Scotch

Un avis rigolo ici.

Présentation de l'éditeur :
 
Jillian s'ennuie dans sa maison de la banlieue chic new-yorkaise. Alors que son mari s'investit de plus en plus dans son travail, elle a renoncé à un poste prestigieux dans la publicité pour devenir maman à plein temps. Ni l'amour qu'elle porte à sa petite fille, ni les efforts qu'elle fait pour être une mère parfaite et une bonne épouse ne suffisent à combler le vide de sa vie. a-t-elle fait les bons choix?
Comme par magie, elle se réveille un matin dans le lit qu'elle occupait sept ans auparavant lorsqu'elle vivait encore avec son premier amour, à quelques mois de rencontrer celui qui allait devenir son époux. D'abord stupéfaite, elle reprend très vite en main le cours de cette vie qui fut la sienne.
Et si elle pouvait tout recommencer... en évitant de commettre les mêmes erreurs?

Les extraits que j'ai sélectionnés :

"Je lève les yeux. Au moment où je reconnais ce regard et qu'une onde de choc me parcourt le corps, le bus s'arrête brutalement, faisant perdre l'équilibre aux passagers. Tout le monde essaye d'attraper une barre, le bras d'un voisin ou le siège pour ne pas tomber. Les portes s'ouvrent alors en grinçant et la vague qui s'était engouffrée dans le bus reflue maintenant, libérant les personnes qui se précipitent vers leurs bureaux, leurs journées, leurs vies. Bien que ce ne soit pas mon arrêt, je me lève précipitamment et les suis. Je me tourne et cherche des yeux, d'abord avec perplexité, puis fébrilement. A la moitié du bloc, j'aperçois une chemise bleu ciel et des cheveux couleur de sable humide. Je me fraye un chemin parmi les passants pour essayer de le rattraper."

"Oui, on aurait pu penser que nous étions vraiment bénis des dieux parce que nous avions eu la formidable chance de nous trouver. Notre bonheur émerveillait notre entourage et faisait des envieux. Car s'il avait été possible que deux personnes initialement étrangères l'une à l'autre puissent découvrir qu'elles sont en fait deux moitiés complémentaires, ce petit miracle devait être accessible à d'autres."

"D'une certaine façon, j'appris à mettre de côté ma solitude. J'avais lu beaucoup de choses à ce sujet dans un magazine. Mais je m'étais imaginé qu'il suffisait de la prendre et d'aller la déposer sur la route près de l'épicerie. Après m'en être mentalement débarrassée, je montai dans ma voiture et m'en éloignai rapidement, soufflant avec soulagement, mais trop effrayée pour regarder dans le rétroviseur. Je craignais trop de découvrir qu'elle n'était pas restée là où je pensais l'avoir laissée, qu'elle s'était débrouillée pour revenir dans la voiture, puis en moi, car il était impossible de s'en séparer."

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